Insuline basale couvrant les besoins entre les repas et la nuit, avec un profil pratiquement plat sur la journée, donc un risque d'hypoglycémie nocturne moindre qu'avec une insuline NPH. Elle se titre sur la glycémie à jeun et sur rien d'autre : c'est la valeur du matin qui commande la quantité injectée le soir. Elle existe en deux concentrations, 100 UI/ml et 300 UI/ml, qui ne sont pas le même médicament même si l'une et l'autre se prescrivent en unités.
Toujeo 300 UI/ml et Lantus ou Abasaglar 100 UI/ml ne doivent jamais être confondus ni substitués tels quels. Lors du passage de 300 UI/ml à 100 UI/ml, la posologie doit être abaissée d'environ 20 %, faute de quoi survient une hypoglycémie sévère. La glargine ne doit jamais être injectée par voie intraveineuse ni servir à corriger une hyperglycémie — son délai d'action est trop long et sa durée trop prolongée.
| Indication | Schéma | Commentaire |
|---|---|---|
| Insuline basale dans le diabète de type 1 | Environ la moitié de la quantité quotidienne totale (0,3–0,5 UI/kg par jour au total) en une injection à heure fixe | toujours associée à une insuline prandiale |
| Instauration de l'insuline dans le diabète de type 2 | 0,1–0,2 UI/kg ou 10 UI le soir, en complément de la metformine et des autres traitements oraux | la façon la plus simple et la moins coûteuse d'entrer dans l'insulinothérapie |
| Titration | Augmenter de 2 UI tous les 3 jours jusqu'à une glycémie à jeun dans la cible, le plus souvent 4–7 mmol/l | abaisser la posologie en cas d'hypoglycémie nocturne ou matinale |
| Passage de 100 UI/ml à 300 UI/ml (Toujeo) | Même nombre d'unités, mais prévoir une majoration de 10–18 % pour un équilibre glycémique identique | glycémies rapprochées les premières semaines |
| Passage de 300 UI/ml à 100 UI/ml | Abaisser la quantité injectée d'environ 20 % lors du changement | sinon le risque d'hypoglycémie est net |
Les besoins en insuline baissent lorsque la fonction rénale se dégrade, surtout en dessous d'un DFG de 30 ml/min, l'insuline étant en partie dégradée par le rein. Aucun pourcentage fixe n'est établi — abaisser la basale par paliers et rapprocher les glycémies à jeun. En dialyse, les besoins varient au fil de la journée de dialyse.
Les besoins peuvent diminuer en cas d'insuffisance hépatique marquée, du fait de la baisse de la néoglucogenèse. Aucune adaptation fixe ; titration individuelle sur la glycémie à jeun.
Autorisée à partir de 2 ans. Mêmes principes et même proportion de la quantité quotidienne que chez l'adulte ; Toujeo 300 UI/ml s'emploie à partir de 6 ans. Suivre les procédures du service de pédiatrie.
N'employez pas la glargine pour corriger une hyperglycémie aiguë ni pour traiter une acidocétose : c'est une insuline basale non pilotable, et une quantité excessive ne peut pas être reprise, son action se poursuivant toute la journée. L'erreur inverse est au moins aussi fréquente : suspendre entièrement l'insuline basale chez un diabétique de type 1 à jeun avant une intervention, ce qui déclenche une acidocétose malgré une glycémie normale.
| DÉLAI D'ACTION | 1–2 heures |
|---|---|
| PROFIL | Pratiquement sans pic marqué |
| DURÉE (100 UI/ML) | jusqu'à 24 heures |
| DURÉE (300 UI/ML) | plus de 24 heures, jusqu'à 36 heures |
| ÉTAT D'ÉQUILIBRE | après 2–4 jours |
| TRANSFORMATION | En métabolites actifs M1 et M2 dans le tissu sous-cutané |
| DÉGRADATION | Foie, rein et muscle |
| CONCENTRATIONS | 100 UI/ml et 300 UI/ml |