Furadantin · Nitrofurantoin Alternova
L'une des deux options équivalentes en première intention dans la cystite aiguë de la femme, aux côtés du pivmécillinam. La molécule n'atteint jamais de concentration thérapeutique tissulaire ou sanguine : elle agit uniquement parce qu'elle se concentre dans les urines — ce qui explique à la fois une résistance restée faible après des décennies d'usage et la perte complète d'activité lorsque la fonction rénale se dégrade. La durée de traitement d'une infection urinaire basse est de 5 jours.
Contre-indiquée lorsque le DFG est inférieur à 45 ml/min : le mécanisme de concentration rénale qui porte l'activité ne fonctionne plus, et l'exposition systémique résiduelle n'apporte que de la toxicité. Ne doit jamais être utilisée dans une infection urinaire fébrile ni dans une pyélonéphrite — la concentration parenchymateuse est insuffisante.
| Indication | Schéma | Commentaire |
|---|---|---|
| Cystite aiguë de la femme | 50 mg × 3 per os pendant 5 jours | première intention au même titre que le pivmécillinam |
| Cystite aiguë pendant la grossesse | 50 mg × 3 per os pendant 5 jours | à éviter dans les dernières semaines avant l'accouchement |
| Bactériurie asymptomatique chez la femme enceinte | 50 mg × 3 per os pendant 5 jours | traitée uniquement pendant la grossesse, jamais chez le sujet âgé |
| Infection urinaire récidivante, prophylaxie prolongée | 50 mg le soir | limiter la durée et réévaluer — la toxicité pulmonaire est cumulative |
| Cystite de l'enfant de plus de 1 mois | 3 mg/kg par jour répartis en 2–3 prises pendant 5 jours | une suspension buvable à 5 mg/ml existe |
Contre-indiquée lorsque le DFG est inférieur à 45 ml/min selon le RCP ; plusieurs protocoles régionaux retiennent en pratique un seuil de 40 ml/min. Il s'agit d'une limite absolue, non d'une adaptation posologique : en cas d'insuffisance rénale, la concentration urinaire dont dépend entièrement l'activité n'est plus obtenue.
À éviter en cas d'atteinte hépatique antérieure imputée à la nitrofurantoïne. Des hépatites chroniques actives ont été décrites lors de traitements prolongés ; aucune adaptation posologique établie dans les autres hépatopathies.
À partir de 1 mois : 3 mg/kg par jour répartis en au moins 2 prises pendant 5–7 jours ; prophylaxie 1–2 mg/kg le soir. Contre-indiquée avant 1 mois en raison du danger d'anémie hémolytique.
Ne prescrivez pas la nitrofurantoïne en présence de fièvre, de douleur lombaire ou d'un retentissement général : devant une pyélonéphrite suspectée, la molécule est inactive dans le parenchyme rénal et retarde un traitement adapté. Évitez également une prophylaxie prolongée sans date de fin chez le sujet âgé : c'est dans cette population que surviennent la fibrose pulmonaire et la neuropathie, et c'est là aussi que la fonction rénale franchit progressivement le seuil de DFG.