Agoniste sélectif des récepteurs 5-HT1B/1D (triptan)CONTRE-INDIQUÉ EN CAS DE MALADIE VASCULAIRE ISCHÉMIQUERISQUE DE CÉPHALÉES PAR ABUS MÉDICAMENTEUX

Sumatriptan

Le premier des triptans et toujours la molécule de référence, avant tout parce qu'il existe sous trois formes galéniques aux cinétiques radicalement différentes. Par voie orale, la biodisponibilité est faible et le délai d'action lent, ce qui suffit dans une crise de migraine ordinaire mais pas du tout dans l'algie vasculaire de la face — là, seule l'injection sous-cutanée, à la biodisponibilité presque complète et efficace en une dizaine de minutes, fait le travail. La vasoconstriction est le revers du mécanisme : elle est essentiellement crânienne, mais pas assez sélective pour que le produit puisse être donné à quelqu'un dont la maladie coronaire est connue.

IMPORTANT

Le sumatriptan est contre-indiqué en cas de cardiopathie ischémique, d'infarctus du myocarde, d'angor de Prinzmetal, d'hypertension non contrôlée, d'artériopathie périphérique, ainsi qu'après un AVC ou un AIT — la vasoconstriction peut déclencher une ischémie myocardique et un infarctus, y compris chez des patients sans symptôme connu auparavant. Ne jamais l'associer à l'ergotamine dans un intervalle de 24 heures, dans un sens comme dans l'autre, ni à un IMAO, ni dans les deux semaines qui suivent l'arrêt d'un IMAO.

Posologie chez l'adulte

Par indicationMis à jour 22/08/2026
IndicationSchémaCommentaire
Crise de migraine, voie orale50 mg par voie orale dès le début de la crise (25–100 mg), renouvelable au plus tôt après 2 heures, maximum 300 mg par jourà prendre le plus tôt possible pendant la phase céphalalgique, jamais pendant l'aura
Crise de migraine, voie nasale10–20 mg par voie nasale dans une narine, renouvelable après 2 heures, maximum 40 mg par jourpremier choix en cas de nausées et de vomissements marqués
Crise de migraine, voie sous-cutanée6 mg en sous-cutané, renouvelable au plus tôt après 1 heure, maximum 12 mg par jourdélai d'action le plus court — à réserver aux crises sévères où le comprimé ne suffit pas
Algie vasculaire de la face6 mg en sous-cutané lors de la crise, au maximum 2 injections par jour espacées d'au moins 1 heurela forme orale n'a aucune place ici — la crise est terminée avant que le comprimé n'agisse
Fréquence des crises et surconsommationAu maximum 9 jours de traitement par triptan et par moisà partir de 10 jours par mois, une prophylaxie doit être envisagée et une céphalée par abus médicamenteux éliminée
Insuffisance rénale

Aucune adaptation posologique établie selon le DFG estimé. Le sumatriptan est éliminé essentiellement par métabolisation et ses métabolites sont inactifs ; prudence en cas d'insuffisance rénale sévère.

Insuffisance hépatique

En cas d'insuffisance hépatique légère à modérée, la dose orale doit être limitée à 25–50 mg, l'effet de premier passage diminuant et l'exposition augmentant. En cas d'insuffisance hépatique sévère, le sumatriptan est contre-indiqué.

Enfants

Non recommandé avant l'âge de 12 ans. Le spray nasal à 10 mg a été utilisé chez l'adolescent de 12–17 ans ; les formes orales n'ont pas fait la preuve d'une supériorité sur le placebo dans cette tranche d'âge et ne sont pas recommandées.

Piège

Le piège le plus fréquent n'est pas la contre-indication mais la surconsommation : le patient qui prend un triptan 10 jours ou plus par mois développe une céphalée par abus médicamenteux, qui se traduit par des crises de plus en plus rapprochées et se lit comme une migraine aggravée — d'où de nouvelles prescriptions de triptans. Comptez les jours de traitement par mois à chaque renouvellement et instaurez une prophylaxie plutôt que d'augmenter le traitement de crise. Une douleur thoracique après l'injection correspond le plus souvent à une sensation de pression musculaire bénigne, mais chez un patient porteur de facteurs de risque cardiovasculaire elle doit être explorée comme une ischémie et non écartée comme un effet indésirable connu.

Pharmacocinétique

DÉLAI D'ACTION10–15 min en sous-cutané · 15–30 min par voie nasale · 30–60 min par voie orale
Tmax10–20 min en sous-cutané · 1–1,5 heure par voies nasale et orale
BIODISPONIBILITÉ96 % en sous-cutané · environ 15 % par voie nasale · 14 % par voie orale
t½environ 2 heures
LIAISON PROTÉIQUE14–21 %
MÉTABOLISMEMAO-A, en un métabolite indolacétique inactif
ÉLIMINATIONRénale sous forme de métabolite inactif
RÉCIDIVELa céphalée réapparaît dans les 24 heures chez 20–40 %

Effets indésirables par fréquence

≥ 10 %
Douleur et brûlure transitoires au point d'injection, sensation de chaleur, sensation de pression ou de lourdeur thoracique, cervicale et au niveau des mâchoires, paresthésies
1–10 %
Vertiges, fatigue et somnolence, nausées et vomissements, goût amer après administration nasale, élévation tensionnelle transitoire, douleurs musculaires
< 1 %
Spasme coronaire et ischémie myocardique, infarctus du myocarde, troubles du rythme, colite ischémique, ischémie périphérique, syndrome sérotoninergique en association aux ISRS ou aux IRSNa, anaphylaxie