Inhibiteur des récepteurs de l'angiotensine et de la néprilysine (ARNI)CONTRE-INDIQUÉ PENDANT LA GROSSESSESURVEILLANCE REQUISE

Sacubitril/valsartan

Entresto

Association fixe de sacubitril, inhibiteur de la néprilysine, et de valsartan, antagoniste des récepteurs de l'angiotensine. Dans PARADIGM-HF, l'association a réduit de 20 % la mortalité cardiovasculaire et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque par rapport à l'énalapril 10 mg × 2 chez des patients à FEVG altérée, et l'essai a été interrompu précocement pour bénéfice. Elle remplace l'IEC ou l'ARA II du traitement de fond lorsque les symptômes persistent — mais l'inhibition de la néprilysine ralentit aussi la dégradation de la bradykinine, d'où le risque d'angio-œdème et la fenêtre thérapeutique obligatoire.

MISE EN GARDE ENCADRÉE

Ne jamais associer à un IEC. Un intervalle d'au moins 36 heures est exigé dans les deux sens lors d'un relais : l'inhibition simultanée de la néprilysine et de l'enzyme de conversion provoque des angio-œdèmes menaçant le pronostic vital. Contre-indiqué en cas d'antécédent d'angio-œdème sous IEC ou ARA II.

Posologie chez l'adulte

Par indicationuppdaterad 2026-08-22
IndicationSchémaCommentaire
FEVG altérée, initiation standard49/51 mg × 2 par voie orale, doublé après 2–4 semaines à 97/103 mg × 2posologie cible 97/103 mg × 2
FEVG altérée, initiation à faible dose24/26 mg × 2 par voie orale, doublé toutes les 2–4 semainespression systolique 100–110 mmHg, patient naïf de blocage du SRAA ou DFG estimé < 60
Relais depuis un IECarrêter l'IEC, attendre au moins 36 heures, puis débuterla fenêtre thérapeutique est obligatoire
Relais depuis un ARA IIpossible dès la prise suivanteaucune fenêtre nécessaire
Arrêt avant l'introduction d'un IECattendre au moins 36 heures après la dernière prise avant de donner un IECla règle vaut également dans l'autre sens
Insuffisance rénale

DFG estimé 60–90 ml/min : aucune adaptation. DFG estimé 30–60 ml/min : envisager la dose initiale réduite de moitié, 24/26 mg × 2. DFG estimé < 30 ml/min : dose initiale réduite de moitié et prudence, expérience limitée. Non recommandé en insuffisance rénale terminale. Une élévation de la créatinine allant jusqu'à 30 % et une kaliémie allant jusqu'à 5,5 mmol/l après l'instauration sont acceptables.

Insuffisance hépatique

Child-Pugh A : aucune adaptation. Child-Pugh B : dose initiale réduite de moitié, 24/26 mg × 2. Child-Pugh C et cholestase : contre-indiqué.

Enfants

À partir de 1 an dans l'insuffisance cardiaque chronique symptomatique avec dysfonction systolique du ventricule gauche — posologie adaptée au poids, les comprimés étant inadaptés en dessous de 40 kg. Prescription par le cardiologue pédiatre.

Piège

Ne jamais instaurer le traitement le jour même de l'arrêt de l'IEC : la règle des 36 heures est le plus souvent oubliée lors des relais hospitaliers, où les deux lignes se retrouvent sur la même ordonnance. À éviter chez un patient ayant un antécédent d'angio-œdème quelle qu'en soit la cause, et chez celui dont la pression systolique est déjà limite, en dessous de 100 mmHg. Ne pas associer à un ARA II — le valsartan est déjà dans le comprimé.

Pharmacocinétique

BIODISPONIBILITÉ
> 60 % (sacubitril)
t½ LBQ657
environ 11,5 h (métabolite actif)
t½ VALSARTAN
environ 10 h
LIAISON PROTÉIQUE
94–97 %
MÉTABOLISME
Estérases donnant le LBQ657 ; CYP marginal
ÉLIMINATION
Rénale 52–68 % (sacubitril)
CONC. MAX.
0,5 h sacubitril · 2 h valsartan
DÉLAI D'ACTION
effet hémodynamique en quelques heures

Effets indésirables par fréquence

≥ 10 %
Hypotension (17,6 %), hyperkaliémie (11,6 %), altération de la fonction rénale (10,1 %)
1–10 %
Vertiges, toux, fatigue, céphalées, diarrhée, hypokaliémie, hypotension orthostatique
< 1 %
Angio-œdème (0,5 %), insuffisance rénale aiguë, hypotension sévère symptomatique, réaction d'hypersensibilité