Stesolid · Stesolid Novum · Diazepam Accord · Diazepam Renaudin
La benzodiazépine aux deux visages. En administration unique devant des convulsions, elle est rapide et fiable — sa forte liposolubilité lui donne un délai d'action de quelques minutes par voie intraveineuse, et la solution rectale dépanne quand aucun abord veineux n'est disponible. En traitement continu, c'est tout autre chose : la molécule mère a une demi-vie d'un à deux jours et son métabolite actif, le desméthyldiazépam, jusqu'à quatre, si bien que les concentrations continuent de monter pendant une semaine après l'instauration. Cette longue traîne fait précisément l'intérêt du sevrage alcoolique, où elle assure une décroissance spontanée régulière.
L'injection intraveineuse rapide provoque dépression respiratoire, chute tensionnelle et apnée — ne jamais dépasser 5 mg/min et disposer d'un matériel de ventilation à portée de main. L'association aux opioïdes est la première cause de dépression respiratoire mortelle sous benzodiazépine.
| Indication | Schéma | Commentaire |
|---|---|---|
| État de mal épileptique, IV | 10 mg IV (0,15–0,20 mg/kg), max 5 mg/min, à répéter une fois après 10 min | quantité cumulée maximale de 20 mg avant de passer à la fosphénytoïne ou au lévétiracétam |
| Convulsions sans abord veineux, voie rectale | 10 mg de solution rectale chez l'adulte, à répéter après environ 10 min si besoin | 5 mg chez le sujet âgé, chez le sujet fragile et avant 12 ans |
| Sevrage alcoolique | 10 mg per os 3–4 fois le jour 1, puis réduction de moitié de la quantité quotidienne chaque jour pendant 4–5 jours | la longue demi-vie assure une décroissance intégrée — aucun schéma de sevrage supplémentaire n'est nécessaire |
| Spasme musculaire et spasticité | 5–10 mg per os 2–3 fois par jour | la sédation limite la posologie bien avant l'action myorelaxante |
| Anxiété, courte durée | 2–10 mg per os 2–4 fois par jour, à la posologie minimale efficace | chez le sujet âgé la posologie est divisée par deux — ou préférer l'oxazépam |
Aucune adaptation établie selon le DFGe, mais les métabolites glucuronoconjugués éliminés par voie rénale s'accumulent en cas d'insuffisance rénale marquée et la sédation peut se prolonger. Réduire la posologie et espacer les prises lorsque le DFGe est inférieur à 30 ml/min.
Le diazépam est métabolisé par oxydation via le CYP2C19 et le CYP3A4 ; sa clairance comme le renouvellement de ses métabolites chutent fortement en cas d'insuffisance hépatique, et la demi-vie peut se trouver multipliée plusieurs fois. À proscrire en cas d'insuffisance hépatique marquée et de menace d'encéphalopathie hépatique ; préférer l'oxazépam, directement glucuronoconjugué.
Solution rectale devant des convulsions : 5 mg avant 12 ans ou en dessous de 15 kg, 10 mg au-delà de 12 ans. Par voie intraveineuse 0,1–0,3 mg/kg lentement, sans dépasser 10 mg, à répéter éventuellement une fois.
Éviter le diazépam en traitement continu chez le sujet âgé. Chez une personne de 80 ans la demi-vie peut atteindre plusieurs jours, et celle du métabolite actif desméthyldiazépam davantage encore, si bien que les concentrations continuent de monter près d'une semaine après l'instauration — le patient alerte le deuxième jour chute le sixième, et le lien avec le comprimé échappe puisque la posologie n'a jamais été augmentée. Lorsqu'une benzodiazépine s'impose dans cette population, l'oxazépam est presque toujours le bon choix.