Lyrica · Pregabalin Sandoz · Pregabalin Krka · Pregabalin Accord
La liaison à la sous-unité α2δ du canal calcique atténue la libération des neurotransmetteurs excitateurs et procure un effet dans les douleurs neuropathiques périphériques et centrales, en association dans l'épilepsie focale et dans le trouble anxieux généralisé. La prégabaline n'est pas métabolisée du tout : elle s'élimine inchangée par le rein, d'où une cinétique linéaire et dépourvue d'interactions — mais aussi une posologie entièrement suspendue à la fonction rénale. Le bénéfice clinique est réel mais modéré, et doit constamment être mis en balance avec la sédation, la prise de poids et un potentiel de dépendance qui s'est révélé bien plus important qu'on ne l'imaginait au départ.
L'association aux opioïdes majore fortement le péril de dépression respiratoire et de décès, quelle que soit la posologie — la surexposition existe même aux faibles posologies des deux molécules. Sans adaptation rénale, la prégabaline s'accumule vite : une posologie pleine chez un patient dont le DFG est inférieur à 30 ml/min entraîne sédation, confusion et myoclonies en quelques journées.
| Indication | Schéma | Commentaire |
|---|---|---|
| Douleur neuropathique | Débuter à 75 mg × 2 per os, augmenter après 3–7 jours à 150 mg × 2, si nécessaire jusqu'à 300 mg × 2 | évaluez après 4 semaines à la posologie cible — sans effet à ce stade, il faut décroître, non augmenter |
| Douleur neuropathique chez le sujet âgé ou fragile | Débuter à 25–75 mg le soir, augmenter tous les 3 à 7 jours | une montée lente réduit de moitié les arrêts pour vertiges et sédation |
| Épilepsie focale, traitement associé | Débuter à 75 mg × 2, augmenter chaque semaine jusqu'à 150–300 mg × 2, au maximum 600 mg par jour | à répartir en 2–3 prises |
| Trouble anxieux généralisé | 150 mg par jour répartis en 2–3 prises, jusqu'à 300–600 mg par jour si besoin | effet en une semaine — évaluez tôt, option de deuxième intention après les ISRS |
| Arrêt du traitement | Décroissez sur au moins une semaine, souvent bien davantage après un usage prolongé | un arrêt brutal provoque troubles du sommeil, céphalées, anxiété, nausées et sueurs |
La posologie dépend entièrement de la clairance de la créatinine, et c'est là l'erreur de prescription la plus fréquente avec la prégabaline. ClCr ≥ 60 ml/min : 150–600 mg par jour. ClCr 30–59 : 75–300 mg par jour. ClCr 15–29 : 25–150 mg par jour. ClCr < 15 : 25–75 mg par jour. En hémodialyse, la posologie quotidienne suit la tranche ClCr < 15, complétée par une prise supplémentaire de 25–100 mg juste après chaque séance.
Aucune adaptation posologique nécessaire — la prégabaline n'a en pratique aucun métabolisme hépatique et moins de 2 % sont éliminés sous forme de métabolites.
Non recommandée avant 18 ans dans la douleur neuropathique ni dans l'anxiété. En traitement associé de l'épilepsie focale à partir de 6 ans et d'un poids de ≥ 20 kg : 2,5–10 mg/kg par jour répartis en 2–3 prises, au maximum 600 mg par jour — instauration par le neuropédiatre.
N'instaurez pas la prégabaline sans DFG récent. L'erreur grave la plus fréquente est la posologie standard de 150 mg × 2 chez un patient âgé dont le DFG avoisine 25 ml/min : la concentration se multiplie en une petite semaine et le patient revient avec une confusion, des myoclonies et des troubles de la marche pris à tort pour une démence débutante ou un accident vasculaire cérébral. Restez également attentif à la revente et au mésusage — la prégabaline a une valeur de rue, et une escalade posologique sans gain antalgique est un signal d'alarme plutôt qu'une raison de monter encore.