Inhibiteur indirect de la thrombine et du facteur Xa via l'antithrombineSURVEILLANCE REQUISEMARGE THÉRAPEUTIQUE ÉTROITE

Héparine (non fractionnée)

Heparin LEO · Heparin Panpharma

L'anticoagulant que l'on choisit lorsqu'on veut pouvoir changer d'avis vite : la demi-vie est d'une à deux heures, l'effet se mesure en temps réel par le TCA et se neutralise entièrement par la protamine en quelques minutes. C'est pourquoi l'héparine non fractionnée est le premier choix en insuffisance rénale sévère, chez le patient exposé aux saignements et lorsqu'une chirurgie ou une thrombolyse peut s'imposer à brève échéance. Les revers sont la perfusion continue, une relation posologie–réponse imprévisible du fait de la fixation aux protéines plasmatiques, et le péril de thrombopénie induite par l'héparine.

MISE EN GARDE ENCADRÉE

Une chute des plaquettes de 50 % ou un chiffre plaquettaire sous 100 × 10⁹/l sous héparine correspond à une thrombopénie induite par l'héparine jusqu'à preuve du contraire — toute héparine doit alors être arrêtée sur-le-champ, rinçages et HBPM compris, et remplacée par un anticoagulant non héparinique. Transfuser des plaquettes ou se contenter de suspendre la perfusion aggrave le processus thrombotique.

Posologie chez l'adulte

Par indicationuppdaterad 2026-08-22
IndicationSchémaCommentaire
Maladie thromboembolique veineuse, bolus5 000 UI iv (1 ml d'héparine à 5 000 UI/ml)2 500 UI si âge > 85 ans, poids < 40 kg ou DFG < 20 ; 7 500 UI si poids > 90 kg
Maladie thromboembolique veineuse, perfusion500 UI/kg par jour iv en perfusion à 100 UI/mlà débuter dans l'heure qui suit le bolus ; max 45 000 UI par jour
Maladie thromboembolique veineuse, saignement redouté200–400 UI/kg par jourâge avancé, insuffisance rénale ou hépatique, thrombopénie, période postopératoire, après thrombolyse
Syndrome coronarien aigu sans angioplastie60 UI/kg en bolus iv (max 4 000 UI) puis 12 UI/kg/h (max 1 000 UI/h)guidé par le TCA, cible 1,5–2,5 fois la valeur de base
Pendant l'angioplastie70–100 UI/kg en bolus iv, 50–70 UI/kg en cas d'anti-GPIIb/IIIa associéguidé par l'ACT au laboratoire, non par le TCA
Insuffisance rénale

Aucune adaptation posologique nécessaire — l'héparine est éliminée essentiellement par le système réticulo-endothélial et non par le rein. C'est toute la raison pour laquelle l'héparine non fractionnée est préférée à l'héparine de bas poids moléculaire quand le DFG estimé descend sous 30 ml/min et en dialyse. Le bolus est toutefois réduit quand le DFG passe sous 20 ml/min, par crainte hémorragique.

Insuffisance hépatique

Aucune adaptation formelle, mais une insuffisance hépatique avec coagulopathie majore le péril hémorragique — débutez dans le bas de l'intervalle posologique (200–400 UI/kg par jour) et maintenez le TCA dans le bas de la cible.

Enfants

Utilisée chez l'enfant avec une posologie rapportée au poids et une cible de TCA plus basse que chez l'adulte. Le nouveau-né a des taux d'antithrombine bas et peut présenter une résistance relative à l'héparine. Posologie et surveillance se règlent en concertation avec une unité d'hémostase pédiatrique.

Piège

Ne calculez pas la dose de protamine sur la totalité de l'héparine reçue dans la journée — seule l'héparine administrée au cours des deux à trois dernières heures reste en circulation, et une protamine surdosée est elle-même anticoagulante et peut provoquer une hypotension sévère, une bradycardie et une hypertension pulmonaire. N'administrez jamais d'héparine à un patient ayant un antécédent de TIH, pas même en rinçage de cathéter : la réexposition peut déclencher une thrombose en quelques heures.

Pharmacocinétique

BIODISPONIBILITÉ
100 % iv, ~30 % par voie sous-cutanée
Vd
~40–70 ml/kg (le volume plasmatique)
1–2 h, fonction de la posologie
LIAISON PROTÉIQUE
Forte et variable (protéines de la phase aiguë, PF4)
MÉTABOLISME
Système réticulo-endothélial, héparinase
ÉLIMINATION
Rénale seulement aux fortes posologies
MÉCANISME D'ACTION
Potentialise l'antithrombine ~1 000 fois
DÉLAI D'ACTION
Immédiat par voie iv

Effets indésirables par fréquence

≥ 10 %
Saignement aux points de ponction et des muqueuses, ecchymoses, légère élévation des transaminases
1–10 %
Thrombopénie de type I, non immunologique, hématome, hyperkaliémie par inhibition de l'aldostérone, réaction au site d'injection
< 1 %
Thrombopénie induite par l'héparine de type II avec thromboses artérielles et veineuses, hémorragie intracrânienne ou rétropéritonéale, nécrose cutanée, ostéoporose en traitement prolongé, anaphylaxie