Inhibiteur direct de la thrombine (facteur IIa)SURVEILLANCE REQUISEDÉPENDANT DE LA FONCTION RÉNALE

Dabigatran

Pradaxa

Seul anticoagulant oral direct à inhiber directement la thrombine, et le seul à disposer d'un antidote spécifique d'action rapide — l'idarucizumab assure une neutralisation complète en quelques minutes, argument de poids chez les patients susceptibles de nécessiter une chirurgie en urgence. La contrepartie est qu'environ 80 % du médicament absorbé est éliminé par voie rénale : la fonction rénale commande donc entièrement le traitement. La dyspepsie touche un patient sur dix et constitue en pratique la première cause d'arrêt.

MISE EN GARDE ENCADRÉE

Une clairance de la créatinine inférieure à 30 ml/min est une contre-indication absolue — l'accumulation est rénale et aucune autre voie d'élimination ne prend le relais. Une ponction rachidienne ou péridurale sous traitement peut provoquer un hématome spinal avec paralysie définitive.

Posologie chez l'adulte

Par indicationuppdaterad 2026-08-22
IndicationSchémaCommentaire
Fibrillation auriculaire150 mg × 2 per osdose standard si la clairance est ≥ 50 ml/min et l'âge inférieur à 75 ans
Fibrillation auriculaire, dose réduite110 mg × 2 per osobligatoire à partir de 80 ans et en cas de vérapamil associé
Fibrillation auriculaire, appréciation individuelle110 mg × 2 per os possibleâge de 75 à 80 ans, clairance de 30 à 50 ml/min, gastrite ou œsophagite, autre risque hémorragique
Maladie thromboembolique veineuse150 mg × 2 per os après au moins 5 jours d'anticoagulation parentéralecontrairement à l'apixaban et au rivaroxaban, une HBPM initiale est indispensable
Prophylaxie thrombotique après prothèse de hanche ou de genou110 mg 1 à 4 h après l'intervention, puis 220 mg × 110 jours après prothèse de genou, 28 à 35 jours après prothèse de hanche
Insuffisance rénale

Clairance ≥ 50 ml/min : dose pleine. Clairance de 30 à 50 ml/min : 150 mg × 2 est possible mais 110 mg × 2 doit être envisagé en cas de risque hémorragique ; en cas de vérapamil associé, 110 mg × 2. Clairance < 30 ml/min : contre-indiqué. La clairance de la créatinine doit être calculée selon Cockcroft-Gault avant l'instauration, au moins une fois par an, et systématiquement lors de toute affection intercurrente susceptible d'altérer la fonction rénale.

Insuffisance hépatique

Contre-indiqué en cas d'hépatopathie avec coagulopathie et risque hémorragique cliniquement significatif, ainsi qu'en cas de transaminases supérieures au double de la limite supérieure de la normale. En cas de score de Child-Pugh B, aucune augmentation notable de l'exposition n'est observée, mais la documentation est limitée.

Enfants

Autorisé dès la naissance dans le traitement de la maladie thromboembolique veineuse, avec une posologie adaptée au poids et des formes adaptées à l'âge (granulés enrobés en sachet-dose, solution buvable, gélules à 75/110/150 mg). Un DFG inférieur à 50 ml/min/1,73 m² constitue une contre-indication. Instauration par une unité d'hémostase pédiatrique.

Piège

La gélule ne doit jamais être ouverte, coupée ni croquée — elle contient des granules d'acide tartrique qui, si l'enveloppe est rompue, augmentent fortement l'absorption et le risque hémorragique, ce qui rend le dabigatran inadapté aux patients porteurs d'une sonde ou présentant des troubles de la déglutition. Ne pas choisir le dabigatran chez un patient présentant une gastrite, un reflux ou un antécédent d'hémorragie digestive : la dyspepsie conduit souvent à l'arrêt du traitement, et le risque d'hémorragie digestive à 150 mg × 2 est supérieur à celui de la warfarine. En cas de prothèse valvulaire mécanique, le dabigatran est formellement contre-indiqué.

Pharmacocinétique

BIODISPONIBILITÉ
6,5 % (promédicament dabigatran étexilate)
Vd
60–70 l
12–14 h (allongée à 28 h si la clairance est < 30)
LIAISON PROTÉIQUE
35 %
MÉTABOLISME
Estérases vers la forme active, pas de métabolisme par les CYP
ÉLIMINATION
~80 % rénale sous forme inchangée
SUBSTRAT
Glycoprotéine P
DÉLAI D'ACTION
0,5–2 h

Effets indésirables par fréquence

≥ 10 %
Dyspepsie et épigastralgies, ecchymoses, épistaxis
1–10 %
Hémorragie digestive, anémie, hématurie, reflux gastro-œsophagien, saignement de plaie
< 1 %
Hémorragie intracrânienne, hématome spinal, réaction anaphylactique, thrombopénie