Diprivan · Propolipid · Propofol-Lipuro · Profast
L'agent de référence pour l'induction anesthésique et la sédation du patient ventilé : installation rapide, réveil rapide même après plusieurs jours de perfusion, et une baisse tensionnelle dose-dépendante qui est le prix même de ce contrôle. Le propofol n'a aucune propriété analgésique : un patient qui bouge pendant le geste a mal, il ne manque pas de propofol. La dose se règle sur l'hémodynamique et non sur le poids — chez le patient hémorragique, septique ou âgé, la bonne dose est une fraction de celle du manuel.
Chute tensionnelle dose-dépendante et apnée en moins d'une minute : à réserver à un opérateur maîtrisant les voies aériennes et disposant immédiatement du matériel de ventilation et de soutien hémodynamique. Une perfusion prolongée au-delà de 4 mg/kg/heure pendant plus de 48 heures expose au syndrome de perfusion du propofol, avec acidose métabolique, rhabdomyolyse et bradyarythmie réfractaire.
| Indication | Schéma | Commentaire |
|---|---|---|
| Induction anesthésique, adulte | 1,5–2,5 mg/kg IV, titré par 20–40 mg toutes les 10 secondes | injecter lentement, l'effet survient après le temps bras-cerveau |
| Sujet âgé ou hémodynamique altérée | 1–1,5 mg/kg IV, parfois moins | en état de choc, 0,5 mg/kg peut être excessif — envisager la kétamine |
| Sédation du patient ventilé | 0,3–4 mg/kg/heure en perfusion continue | titrer sur une échelle de sédation, non sur un débit fixe |
| Sédation procédurale | 0,5–1 mg/kg IV, puis 10–20 mg selon besoin | ne pas associer systématiquement un opioïde — apnée additive |
| Bolus d'entretien peropératoire | 10–40 mg IV selon besoin | durée brève, répétition souvent nécessaire |
Aucune adaptation posologique en cas d'insuffisance rénale : les métabolites sont inactifs. La sédation peut néanmoins s'approfondir du fait d'une hypoalbuminémie et d'une acidose associées.
Aucune adaptation formelle, mais la clairance diminue en cas d'insuffisance hépatique sévère et le réveil est retardé. Titrer plus lentement.
Induction habituelle 2,5–4 mg/kg IV chez l'enfant de plus de 1 mois, les besoins rapportés au poids étant d'autant plus élevés que l'enfant est jeune. Le propofol ne doit pas être utilisé pour la sédation en réanimation chez l'enfant et l'adolescent de 16 ans ou moins.
Ne pas utiliser le propofol seul en cas de choc, de tamponnade, d'insuffisance ventriculaire droite ou d'hypovolémie sévère : la levée du tonus sympathique démasque la compensation qui maintenait la pression, et celle-ci s'effondre chez un patient déjà précharge-dépendant. Remplir d'abord, réduire la dose et préférer la kétamine.