Inhibiteur de la xanthine oxydaseSURVEILLANCE REQUISE

Allopurinol

Zyloric · Allopurinol Sandoz

Hypo-uricémiant de première intention dans la goutte, avec pour objectif une augmentation progressive des doses jusqu'à obtenir une uricémie stable en dessous de 360 μmol/l — et non une dose fixe qu'on laisse en place. Le traitement est à vie, et les premiers mois exigent une prophylaxie des crises car la baisse de l'uricémie déclenche elle-même des accès. Deux situations rendent ce médicament dangereux : le syndrome d'hypersensibilité et l'association à l'azathioprine.

MISE EN GARDE ENCADRÉE

L'allopurinol bloque la xanthine oxydase et donc la dégradation de l'azathioprine et de la mercaptopurine — l'association provoque une aplasie médullaire potentiellement mortelle si la dose de thiopurine n'est pas réduite à 25 %. Le syndrome d'hypersensibilité à l'allopurinol (DRESS) et le syndrome de Stevens-Johnson surviennent le plus souvent au cours des deux premiers mois et sont associés à une mortalité élevée.

Posologie chez l'adulte

Par indicationuppdaterad 2026-08-22
IndicationSchémaCommentaire
Goutte, instauration100 mg per os par jour, augmentation de 100 mg toutes les 2 à 4 semainesne jamais instaurer pendant une crise sans prophylaxie associée
Goutte, entretienadapter jusqu'à une uricémie < 360 μmol/l, habituellement 300–600 mg par jourviser < 300 μmol/l en présence de tophus
Prophylaxie des crises à l'instaurationcolchicine 0,5 mg 1 à 2 fois par jour pendant 3 à 6 moissinon AINS ou prednisolone à faible dose
Néphropathie uratique et lithiase urique récidivante300–600 mg per os par jourassocier alcalinisation des urines et apport hydrique abondant
Syndrome de lyse tumorale, prophylaxie100–300 mg par jour à partir de la veille de la chimiothérapierasburicase en cas de haut risque
Insuffisance rénale

La dose initiale doit être réduite en cas d'insuffisance rénale : 50–100 mg par jour pour un DFG de 30–60 ml/min, et 50 mg par jour ou un jour sur deux pour un DFG inférieur à 30 ml/min. L'augmentation des doses vers la cible d'uricémie reste possible en cas d'insuffisance rénale, mais plus lentement et sous contrôles rapprochés — l'oxypurinol, métabolite actif, s'accumule.

Insuffisance hépatique

Réduction de dose en cas d'insuffisance hépatique, avec contrôle du bilan hépatique pendant les premiers mois.

Enfants

Chez l'enfant, utilisation surtout dans le syndrome de lyse tumorale et les anomalies congénitales du métabolisme des purines, 10–20 mg/kg/jour, par un spécialiste. La goutte est très rare chez l'enfant.

Piège

Ne pas instaurer l'allopurinol au milieu d'une crise de goutte sans prophylaxie associée — la baisse rapide de l'uricémie mobilise les cristaux, aggrave ou prolonge la crise, et le patient en conclut que le médicament ne marche pas. En revanche, ne pas interrompre un traitement en cours lorsqu'une crise survient.

Pharmacocinétique

BIODISPONIBILITÉ
70–90 %
t½ ALLOPURINOL
1–2 heures
t½ OXYPURINOL
18–30 heures (allongée en cas d'insuffisance rénale)
LIAISON PROTÉIQUE
Négligeable
MÉTABOLISME
Xanthine oxydase, en oxypurinol (actif)
ÉLIMINATION
Rénale
DÉLAI D'ACTION
Baisse de l'uricémie en 1 à 2 semaines, effet maximal après 2 à 4 semaines
CIBLE THÉRAPEUTIQUE
Uricémie < 360 μmol/l, < 300 μmol/l en présence de tophus

Effets indésirables par fréquence

≥ 10 %
Augmentation de la fréquence des crises de goutte les premiers mois, éruption cutanée, nausées
1–10 %
Élévation des transaminases, diarrhée, céphalées, prurit, hyperéosinophilie
< 1 %
DRESS avec fièvre, hyperéosinophilie et atteinte rénale et hépatique, syndrome de Stevens-Johnson et nécrolyse épidermique toxique, agranulocytose, néphrite interstitielle aiguë