Corticostéroïdes : aide-mémoire des équivalences de dose et de la dose de stress

Aide-mémoire pour le médecin de garde et de service : doses équivalentes, dose de stress en cas d'insuffisance surrénalienne, décroissance et prévention des effets indésirables.

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Deux situations sont fréquemment confondues : la substitution en cas d'insuffisance surrénalienne (qui doit être augmentée en situation de stress) et le traitement anti-inflammatoire pharmacologique (qui doit faire l'objet d'une décroissance contrôlée). La conduite à tenir est inverse dans l'un et l'autre cas.

Doses équivalentes

Molécule Dose glucocorticoïde équivalente Effet minéralocorticoïde Demi-vie biologique
Hydrocortisone (cortisol) 20 mg Marqué Courte, 8-12 heures
Prednisolone 5 mg Modéré Intermédiaire, 12-36 heures
Méthylprednisolone 4 mg Faible Intermédiaire
Bétaméthasone 0,6 mg Nul Longue, 36-54 heures
Dexaméthasone 0,75 mg Nul Longue, 36-54 heures

Ces équivalences valent pour l'effet anti-inflammatoire. Elles ne préjugent en rien de l'effet minéralocorticoïde ni de la freination de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, où une demi-vie longue entraîne une freination plus marquée.

Dose de stress en cas d'insuffisance surrénalienne connue

Un patient atteint d'insuffisance surrénalienne primaire (maladie d'Addison), d'insuffisance surrénalienne secondaire ou traité au long cours par corticoïdes ne peut pas augmenter sa propre production de cortisol.

Situation Conduite à tenir
Fièvre, infection, gastro-entérite à domicile Doubler ou tripler la dose orale quotidienne pendant les jours de maladie (règles de conduite en cas de maladie remises au patient)
Vomissements ou diarrhée, comprimés non gardés Hydrocortisone parentérale. Le patient doit disposer d'une seringue d'urgence à domicile
Maladie aiguë, traumatisme, chirurgie Hydrocortisone par voie parentérale, posologie selon le protocole local. Habituellement un bolus suivi de doses répétées ou d'une perfusion
Suspicion d'insuffisance surrénalienne aiguë Administrez le corticoïde immédiatement. N'attendez pas les résultats biologiques. Prélevez cortisol sérique et ACTH au préalable uniquement si cela ne retarde pas le traitement. Y associer remplissage et glucose

Insuffisance surrénalienne aiguë : hypotension ne répondant pas au remplissage, douleurs abdominales, vomissements, fièvre, hyponatrémie, hyperkaliémie, hypoglycémie. Administrez de l'hydrocortisone et un cristalloïde isotonique. Doses exactes selon le protocole local.

Décroissance après un traitement pharmacologique

Durée de traitement et dose Risque de freination de l'axe corticotrope Décroissance
<3 semaines, quelle que soit la dose Faible Arrêt possible d'emblée
>3 semaines, prednisolone <5 mg/jour Faible à modéré Arrêt le plus souvent possible sans décroissance prolongée
>3 semaines, prednisolone ≥5 mg/jour Notable Décroissance progressive. Plus rapide jusqu'au niveau physiologique, puis lente
Plusieurs mois à plusieurs années Marqué Décroissance lente, souvent sur plusieurs mois. Envisager un test au Synacthène (ACTH) avant l'arrêt

Pendant et après la décroissance : le patient doit être informé des règles relatives à la dose de stress et des symptômes d'insuffisance surrénalienne.

Prévention lors d'une corticothérapie prolongée

Risque Conduite à tenir
Ostéoporose Calcium et vitamine D. Bisphosphonate en cas de traitement prolongé et de facteurs de risque, selon la recommandation en vigueur
Hyperglycémie Surveillance glycémique, surtout l'après-midi et le soir. Voir l'aide-mémoire sur l'insuline en unité d'hospitalisation
Ulcère gastroduodénal Inhibiteur de la pompe à protons en cas d'AINS associé ou d'antécédent d'ulcère, pas de façon systématique
Infection Envisager une prophylaxie de la pneumocystose en cas de fortes doses prolongées, selon le protocole local
Symptômes psychiques Troubles du sommeil, hypomanie, confusion. Surtout au début du traitement et à fortes doses
Faiblesse musculaire Myopathie cortisonique, déficit proximal

Signaux d'alarme et pièges

  • Arrêter brutalement le corticoïde après un traitement prolongé.
  • Ne pas administrer de dose de stress à un patient en insuffisance surrénalienne lors d'une maladie aiguë.
  • Confondre dexaméthasone 0,75 mg et prednisolone 0,75 mg. Un facteur dix en termes d'effet.
  • Administrer la dose du matin tardivement dans la journée, ce qui entraîne des troubles du sommeil et une freination plus marquée de l'axe corticotrope.
  • Les corticoïdes inhalés et locaux à forte dose peuvent eux aussi entraîner une freination systémique.
  • Les corticoïdes masquent la fièvre et la péritonite. L'abdomen d'un patient sous corticothérapie peut être silencieux malgré une perforation.

Sources

  • Résumés des caractéristiques du produit publiés par l'ANSM (base de données publique des médicaments) et Vidal, pour les corticoïdes et leurs équivalences.
  • Société française d'endocrinologie (sfendocrino.org) : consensus et protocoles nationaux de diagnostic et de soins sur l'insuffisance surrénale.
  • Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) « Insuffisance surrénale », publié par la Haute Autorité de Santé.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 22 août 2026