Crise hypertensive : médicaments et posologies

Aide-mémoire des antihypertenseurs intraveineux de la crise hypertensive : mécanisme d'action, délai d'action, durée d'effet, posologie, effets indésirables et précautions, molécule par molécule.

Sommaire (26)

Utilisation clinique

Cette synthèse est un aide-mémoire des antihypertenseurs intraveineux utilisés en situation d'urgence hypertensive. Elle résume le mécanisme d'action, le délai d'action, la durée d'effet, la posologie, les effets indésirables et les précautions essentielles.

Une urgence hypertensive se définit par une pression artérielle très élevée associée à une atteinte aiguë d'organe cible, récente ou évolutive. Les manifestations habituelles sont l'encéphalopathie hypertensive, l'hémorragie intracérébrale, le syndrome coronarien aigu, l'insuffisance ventriculaire gauche aiguë avec œdème pulmonaire, le syndrome aortique aigu, l'insuffisance rénale aiguë, l'hémolyse microangiopathique ainsi que la prééclampsie sévère et l'éclampsie. La pression artérielle est souvent d'au moins 180/120 mmHg, mais aucun seuil absolu ne définit ce tableau. Une élévation tensionnelle rapide peut provoquer une atteinte d'organe grave même à des niveaux plus bas, en particulier au cours de la grossesse [1,2].

L'hypertension maligne n'est pas tout à fait synonyme d'urgence hypertensive. Ce terme désigne une hypertension sévère avec rétinopathie hypertensive évoluée, habituellement des hémorragies rétiniennes, des exsudats, des nodules cotonneux ou un œdème papillaire. Un traitement intraveineux s'impose s'il existe une atteinte d'organe aiguë menaçant le pronostic vital. Une rétinopathie maligne isolée, sans autre atteinte d'organe aiguë, peut souvent être traitée plus prudemment par voie orale sous surveillance rapprochée [3,4].

Une pression artérielle très élevée sans atteinte aiguë d'organe cible ne doit normalement pas être abaissée rapidement par voie intraveineuse. Un tel traitement n'a pas démontré d'amélioration du pronostic et peut provoquer une hypotension, une insuffisance rénale aiguë, une ischémie myocardique ou une hypoperfusion cérébrale. La douleur, l'anxiété, la rétention urinaire, l'hypoxie, l'arrêt d'un traitement et une mesure tensionnelle incorrecte doivent être corrigés avant toute intensification thérapeutique [1,2].

Le niveau de preuve établissant qu'un antihypertenseur intraveineux donné améliore la mortalité ou le niveau fonctionnel à long terme est limité. Une revue Cochrane a conclu que les données randomisées étaient insuffisantes pour désigner le meilleur produit. Le choix est donc guidé avant tout par l'atteinte d'organe, la pharmacologie du médicament, les comorbidités et la possibilité d'une titration sûre [5].

Disponibilité en Suède. Plusieurs médicaments présentés ici ne sont pas commercialisés de façon courante en Suède et peuvent nécessiter une autorisation d'importation : notamment la clévidipine, la nicardipine, le fénoldopam, l'énalaprilate, la phentolamine et le nitroprussiate de sodium. La disponibilité peut évoluer. Vérifiez le référencement local, le statut réglementaire, la concentration, les consignes de dilution et le protocole local avant toute prescription.

Principes généraux du traitement

Le patient doit être pris en charge aux urgences, en réanimation, en unité de soins intensifs cardiologiques ou dans toute autre unité permettant des contrôles tensionnels rapprochés et une surveillance continue. Un cathéter artériel est souvent indiqué lorsqu'un pilotage très rapide ou très précis est nécessaire, par exemple en cas de syndrome aortique aigu, d'atteinte neurologique sévère ou de traitement par nitroprussiate de sodium.

Dans la plupart des urgences hypertensives, on vise ce qui suit :

  1. Abaisser la pression artérielle moyenne d'au plus 20 à 25 % environ au cours de la première heure.
  2. Puis, si le patient est stable, abaisser la pression artérielle vers 160/100 à 110 mmHg environ au cours des 2 à 6 heures suivantes.
  3. Une fois l'atteinte d'organe stabilisée, la pression artérielle peut être abaissée prudemment plus avant au cours des 24 à 48 heures suivantes [3,4,6].

Il s'agit d'un principe général, non d'un objectif universel. L'hypertension chronique déplace l'autorégulation cérébrale et rénale vers des pressions plus élevées. Une normalisation trop rapide peut donc provoquer une ischémie cérébrale, coronaire ou rénale. L'état neurologique, la diurèse, la créatinine, l'équilibre acido-basique et les signes d'ischémie myocardique doivent être surveillés pendant le traitement [4,6].

Exceptions importantes

Situation Stratégie générale Premiers choix habituels
Syndrome aortique aigu Contrôle immédiat de la fréquence cardiaque et abaissement rapide de la pression systolique vers 100 à 120 mmHg, si la perfusion des organes le permet Esmolol ou labétalol d'abord, puis un vasodilatateur si nécessaire
Encéphalopathie hypertensive Abaisser la pression artérielle moyenne d'au plus 20 à 25 % pendant les premières heures Nicardipine ou labétalol
Hémorragie intracérébrale Lorsque la pression systolique est de 150 à 220 mmHg, un objectif d'environ 140 mmHg est souvent raisonnable. Éviter un objectif systématique inférieur à 140 mmHg Nicardipine, clévidipine ou labétalol
Accident vasculaire cérébral ischémique aigu sans traitement de reperfusion S'abstenir en règle d'un abaissement urgent si la pression artérielle est inférieure à 220/120 mmHg et en l'absence d'autre atteinte d'organe à traiter Si nécessaire, nicardipine ou labétalol
Thrombolyse d'un accident ischémique En dessous de 185/110 mmHg avant le traitement, puis en dessous de 180/105 mmHg pendant les premières 24 heures Nicardipine, clévidipine ou labétalol
Œdème pulmonaire hypertensif Réduction rapide de la précharge et de la postcharge, en même temps qu'un support ventilatoire Trinitrine, parfois clévidipine ou nitroprussiate
Syndrome coronarien aigu Soulager l'ischémie et abaisser la postcharge sans trop abaisser la pression diastolique Trinitrine et, si l'hémodynamique s'y prête, un bêtabloquant
Prééclampsie ou éclampsie Traiter sans délai une pression artérielle persistante d'au moins 160/110 mmHg Labétalol, hydralazine ou nifédipine par voie orale
Crise de phéochromocytome Alphabloquage avant tout bêtabloquage isolé Phentolamine, puis bêtabloquant si nécessaire
Intoxication sympathomimétique Sédation et réduction de la stimulation sympathique centrale d'abord Benzodiazépine, puis dérivé nitré, phentolamine ou autre vasodilatateur

Dans l'hémorragie intracérébrale, un abaissement plus intensif vers environ 140 mmHg n'a pas nettement réduit la mortalité, mais peut limiter l'expansion de l'hématome et apporter une amélioration modeste du pronostic fonctionnel. Un abaissement en dessous de 140 mmHg n'a en revanche pas montré de bénéfice supplémentaire et a augmenté, dans certaines études, le risque de complications rénales [7].

Dans l'accident ischémique aigu sans traitement de reperfusion, un abaissement tensionnel précoce peut compromettre la perfusion de la zone de pénombre. Une revue Cochrane n'a mis en évidence aucune réduction globale du décès ou de la dépendance fonctionnelle par un abaissement tensionnel en aigu [8]. Après une thrombectomie réussie, la pression systolique doit habituellement être maintenue au maximum à 180 mmHg, tandis qu'un abaissement agressif en dessous de 140 mmHg peut dégrader le pronostic fonctionnel [7].

Dans l'hémorragie sous-arachnoïdienne, les données étayant un objectif tensionnel précis sont très faibles. Le traitement doit être individualisé en concertation avec le neurochirurgien ou le neuroradiologue interventionnel, en tenant compte du risque de resaignement, de la perfusion cérébrale et du fait que l'anévrisme soit ou non exclu [9].

Choix rapide du médicament

Situation clinique Options adaptées À éviter ou à utiliser avec une prudence particulière
Urgence neurologique Nicardipine, clévidipine, labétalol Trinitrine et nitroprussiate en cas d'hypertension intracrânienne
Syndrome aortique aigu Esmolol ou labétalol, puis nicardipine, clévidipine ou nitroprussiate Vasodilatateur pur avant le contrôle de la fréquence cardiaque
Œdème pulmonaire ou syndrome coronarien aigu Trinitrine Bêtabloquants en cas d'insuffisance cardiaque aiguë décompensée
Bradycardie ou bloc auriculoventriculaire Nicardipine, clévidipine Esmolol, labétalol, métoprolol, clonidine
Asthme ou bronchospasme Nicardipine, clévidipine Labétalol et autres bêtabloquants
Insuffisance rénale Nicardipine, clévidipine, labétalol Nitroprussiate en traitement prolongé
Grossesse Labétalol, hydralazine, nifédipine par voie orale Énalaprilate ; nitroprussiate s'il existe une alternative plus sûre
Crise de phéochromocytome Phentolamine Bêtabloquage isolé avant l'alphabloquage
Cocaïne ou amphétamines Benzodiazépine d'abord, puis dérivé nitré ou phentolamine Bêtabloquage isolé à la phase aiguë
Rétrécissement aortique serré Titration individuelle prudente La clévidipine et les autres vasodilatateurs puissants peuvent provoquer une hypotension critique

Inhibiteurs calciques

Clévidipine

La clévidipine est une dihydropyridine d'action ultracourte qui dilate essentiellement les artérioles. Elle diminue les résistances vasculaires systémiques et la postcharge, avec peu d'effet direct sur la capacitance veineuse, la conduction et la contractilité myocardique. La molécule est rapidement hydrolysée par les estérases du sang et des tissus, indépendamment des fonctions rénale et hépatique [10].

Caractéristique Clévidipine
Nom commercial Cleviprex®
Situations adaptées Urgence hypertensive neurologique, hypertension périopératoire, insuffisance rénale, besoin d'une titration très rapide
Délai d'action Environ 2 à 4 minutes
Durée d'effet après l'arrêt Environ 5 à 15 minutes
Administration Perfusion intraveineuse continue
Dose initiale 1 à 2 mg/heure
Titration La dose peut initialement être doublée toutes les 90 secondes environ. À l'approche de l'objectif, on utilise des paliers plus petits, habituellement 1 à 2 mg/heure toutes les 5 à 10 minutes
Dose d'entretien usuelle 4 à 6 mg/heure, mais des doses plus élevées sont souvent nécessaires
Dose maximale étudiée 32 mg/heure. En raison de la charge lipidique, on recommande normalement de ne pas dépasser 1 000 mL d'émulsion par 24 heures, ce qui correspond à une dose moyenne de 21 mg/heure sur 24 heures
Effets indésirables fréquents Céphalées, nausées, hypotension, tachycardie réflexe
Autres risques Hypertriglycéridémie, fibrillation atriale, aggravation possible d'une insuffisance cardiaque
Contre-indications Allergie au soja ou à l'œuf, trouble sévère du métabolisme lipidique, rétrécissement aortique serré
Surveillance Pression artérielle et fréquence cardiaque en continu. Tenir compte des autres apports d'émulsion lipidique, par exemple nutrition parentérale ou propofol

L'étude VELOCITY a porté sur des patients dont la pression systolique dépassait 180 mmHg. Environ 90 % ont atteint l'intervalle cible fixé individuellement en moins de 30 minutes. Dans un petit sous-groupe présentant une insuffisance rénale modérée à sévère, le délai médian jusqu'à l'objectif était de 8,5 minutes, sans signe d'abaissement excessif systématique [11].

L'étude ECLIPSE a inclus des patients présentant une hypertension périopératoire en chirurgie cardiaque. La clévidipine a mieux maintenu la pression artérielle dans l'intervalle prédéfini que la trinitrine et le nitroprussiate, et à peu près aussi bien que la nicardipine. L'étude ne démontre pas que la clévidipine soit globalement supérieure dans toutes les urgences hypertensives, la population étant essentiellement composée de patients de chirurgie cardiaque [12].

Nicardipine

La nicardipine est une dihydropyridine qui produit principalement une dilatation artériolaire. L'affirmation selon laquelle elle entraînerait davantage de veinodilatation que de dilatation artériolaire est inexacte. Elle abaisse les résistances vasculaires systémiques et la postcharge et agit bien sur les lits vasculaires cérébral et coronaire.

Caractéristique Nicardipine
Nom commercial Cardene®, Loxen®
Situations adaptées Encéphalopathie hypertensive, hémorragie intracérébrale, accident ischémique lorsqu'un abaissement est indiqué, insuffisance rénale aiguë, hypertension périopératoire
Délai d'action Environ 5 à 15 minutes
Durée d'effet après l'arrêt Habituellement 30 minutes à 4 heures, parfois davantage après une perfusion prolongée
Administration Perfusion intraveineuse continue
Dose initiale 5 mg/heure
Titration Augmenter de 2,5 mg/heure toutes les 5 à 15 minutes
Dose maximale 15 mg/heure
Effets indésirables Céphalées, bouffées vasomotrices, nausées, œdème périphérique, hypotension et tachycardie réflexe
Précautions Insuffisance cardiaque aiguë décompensée, rétrécissement aortique serré et ischémie myocardique évolutive avec tachycardie
Inconvénient pratique L'effet s'estompe plus lentement que celui de la clévidipine, ce qui peut laisser persister une hypotension après l'arrêt de la perfusion

Dans une comparaison randomisée, 91,4 % des patients recevant de la nicardipine ont atteint leur objectif systolique prédéfini en moins de 30 minutes, contre 76,1 % avec des bolus intermittents de labétalol. La différence peut tenir en partie à la comparaison d'une perfusion continue avec un traitement en bolus. L'étude n'avait pas la puissance nécessaire pour la mortalité ou le pronostic fonctionnel, et de nombreux participants avaient une atteinte d'organe suspectée et non confirmée [13].

Inhibiteurs de l'enzyme de conversion

Énalaprilate

L'énalaprilate est le métabolite actif de l'énalapril. Son effet dépend de l'activité rénine et de la volémie, et peut donc être très difficile à prévoir en situation aiguë. Sa durée d'effet est longue et il se prête mal aux situations où la pression artérielle doit pouvoir être ajustée minute par minute.

Caractéristique Énalaprilate
Nom commercial Vasotec IV®
Utilisation Rarement justifié dans l'urgence hypertensive. Peut être envisagé dans des cas sélectionnés à forte activité rénine, en l'absence d'alternative titrable d'action brève
Délai d'action Environ 15 minutes
Effet maximal Souvent après 1 à 4 heures
Durée d'effet Environ 6 à 12 heures, parfois jusqu'à 24 heures
Dose 1,25 mg par voie intraveineuse en 5 minutes. Répétable toutes les 6 heures. Une dose initiale plus faible, par exemple 0,625 mg, doit être envisagée en cas d'hypovolémie, de traitement diurétique associé ou d'insuffisance rénale
Effets indésirables Hypotension prolongée, hyperkaliémie, dégradation de la fonction rénale et angio-œdème
Contre-indications Grossesse, antécédent d'angio-œdème sous inhibiteur de l'enzyme de conversion et sténose bilatérale des artères rénales
À éviter Insuffisance rénale aiguë, hypovolémie, hyperkaliémie, infarctus du myocarde avec hémodynamique instable et toute situation exigeant une réversibilité rapide

L'activation du système rénine-angiotensine dans l'hypertension maligne et la natriurèse de pression peuvent rendre le patient très sensible à l'inhibition de l'enzyme de conversion. Les produits d'action brève et titrables sont donc normalement plus sûrs à la phase initiale [4,14].

Bêtabloquants

Esmolol

L'esmolol est un bêtabloquant relativement bêta-1 sélectif à demi-vie très brève. Il est métabolisé par les estérases érythrocytaires et son effet est pour l'essentiel indépendant des fonctions rénale et hépatique. La récupération complète du bêtabloquage survient habituellement en 20 à 30 minutes après l'arrêt de la perfusion [15].

Caractéristique Esmolol
Nom commercial Brevibloc®
Indication de premier choix Syndrome aortique aigu avec tachycardie ou contractilité élevée
Autres utilisations Hypertension périopératoire, tachycardie supraventriculaire et cas sélectionnés d'ischémie myocardique aiguë
Délai d'action Environ 1 à 2 minutes après la dose de charge
Durée d'effet après l'arrêt Environ 20 à 30 minutes
Dose de charge 500 microgrammes/kg par voie intraveineuse en 1 minute. En cas d'hémodynamique très fragile, une perfusion sans dose de charge peut être préférable
Perfusion initiale 50 microgrammes/kg/minute
Titration Augmenter par paliers, souvent à 100, 150 puis 200 microgrammes/kg/minute
Dose maximale Habituellement 200 microgrammes/kg/minute pour le contrôle tensionnel. Des doses jusqu'à 300 microgrammes/kg/minute sont utilisées dans certains protocoles
Effets indésirables Hypotension, bradycardie, bloc auriculoventriculaire, nausées, bronchospasme et baisse du débit cardiaque
Contre-indications Choc cardiogénique, bradycardie sévère, bloc auriculoventriculaire de haut degré sans stimulateur et insuffisance cardiaque aiguë décompensée
Précautions Asthme, hypoperfusion périphérique et association à d'autres médicaments chronotropes négatifs

Dans le syndrome aortique aigu, le contrôle de la fréquence cardiaque doit normalement être obtenu avant d'ajouter un vasodilatateur pur. Sinon, une tachycardie réflexe et une augmentation de la force d'éjection ventriculaire gauche accroissent les forces de cisaillement sur la paroi aortique [6].

Labétalol

Le labétalol bloque les récepteurs bêta-1, bêta-2 et alpha-1. Il abaisse la pression artérielle et la fréquence cardiaque sans provoquer une tachycardie réflexe du même ordre qu'un vasodilatateur pur. L'effet d'un bolus peut persister plusieurs heures, ce qui rend le produit moins finement pilotable que l'esmolol.

Caractéristique Labétalol
Nom commercial Trandate®
Situations adaptées Encéphalopathie hypertensive, accident vasculaire cérébral, syndrome aortique aigu, hypertension périopératoire et hypertension sévère de la grossesse
Délai d'action Environ 2 à 5 minutes
Effet maximal Habituellement après 5 à 15 minutes
Durée d'effet Environ 2 à 4 heures
Schéma en bolus 20 mg par voie intraveineuse en 2 minutes. Puis 20 à 80 mg toutes les 10 minutes selon l'effet
Dose cumulée maximale Habituellement 300 mg
Schéma en perfusion 0,5 à 2 mg/minute
Effets indésirables Hypotension, bradycardie, bloc auriculoventriculaire, nausées, vertiges, hypotension orthostatique, paresthésies du cuir chevelu et bronchospasme
Contre-indications Asthme sévère ou bronchospasme évolutif, bloc auriculoventriculaire de haut degré, bradycardie sévère, choc cardiogénique et insuffisance cardiaque aiguë décompensée
Précautions Insuffisance hépatique et artériopathie périphérique

En cas de phéochromocytome, un alphabloquage suffisant doit être obtenu avant tout bêtabloquage isolé. L'effet alphabloquant du labétalol est relativement faible au regard de son effet bêtabloquant, et le produit ne doit pas être considéré comme un substitut sûr d'un alphabloquage adéquat dans une crise catécholaminergique sévère [16].

En cas de décharge sympathique induite par la cocaïne ou les amphétamines, les benzodiazépines constituent le traitement de première intention. Un dérivé nitré ou la phentolamine peuvent être ajoutés en cas d'hypertension persistante ou de spasme coronaire. Un bêtabloquage isolé doit être évité à la phase aiguë, car il peut théoriquement renforcer la vasoconstriction médiée par les récepteurs alpha [17].

Métoprolol

Le métoprolol est un bêtabloquant bêta-1 sélectif, mais il n'est pas un traitement de première intention systématique dans l'urgence hypertensive. Son effet est plus durable et moins facilement pilotable que celui de l'esmolol.

Caractéristique Métoprolol
Nom commercial Seloken®, Lopressor®
Utilisation adaptée Tachycardie ou ischémie myocardique associées, lorsque le bêtabloquage est indiqué et que le besoin de titration à la seconde est faible
Délai d'action Environ 5 à 20 minutes
Durée d'effet Plusieurs heures
Dose 2,5 à 5 mg par voie intraveineuse lente. Répétable à environ 5 minutes d'intervalle jusqu'à un total de 15 mg, selon l'indication et le protocole local
Effets indésirables Bradycardie, hypotension, bloc auriculoventriculaire, bronchospasme et aggravation d'une insuffisance cardiaque
À éviter Œdème aigu du poumon, choc cardiogénique, bradycardie sévère et bloc auriculoventriculaire de haut degré

Le métoprolol ne doit pas être utilisé dans le seul but de traiter un chiffre tensionnel élevé. Dans le syndrome aortique aigu, l'esmolol ou le labétalol sont habituellement mieux documentés et plus maniables en pratique.

Agonistes dopaminergiques

Fénoldopam

Le fénoldopam est un agoniste périphérique des récepteurs dopaminergiques D1. Il produit une vasodilatation artériolaire et augmente le débit sanguin rénal, la natriurèse et la diurèse. Contrairement au nitroprussiate, il ne pose pas de problème de cyanure. Aucun effet néphroprotecteur établi sur des critères cliniques n'a cependant été démontré [18].

Caractéristique Fénoldopam
Nom commercial Corlopam®
Utilisation possible Urgence hypertensive, en particulier avec insuffisance rénale associée, lorsque le produit est disponible
Délai d'action Environ 5 minutes
Durée d'effet après l'arrêt Environ 30 à 60 minutes
Dose initiale 0,1 microgramme/kg/minute
Titration Augmenter de 0,05 à 0,1 microgramme/kg/minute à au moins 15 minutes d'intervalle
Dose maximale 1,6 microgramme/kg/minute
Effets indésirables Céphalées, bouffées vasomotrices, tachycardie, nausées et hypokaliémie
Précautions Glaucome ou hypertonie oculaire, tachycardie et ischémie myocardique
Commentaire Peut augmenter la pression intraoculaire. La tachycardie réflexe peut en limiter l'usage en cas de coronaropathie

Agonistes alpha-2 d'action centrale

Clonidine

La clonidine diminue le tonus sympathique central par stimulation des récepteurs alpha-2. Elle peut abaisser efficacement la pression artérielle, mais n'est pas un traitement de première intention systématique dans l'urgence hypertensive. Son effet est moins prévisible que celui des perfusions titrables et la sédation qu'elle entraîne peut gêner la surveillance neurologique.

Caractéristique Clonidine
Nom commercial Catapresan®, Catapres®
Utilisation possible Situations sélectionnées avec décharge sympathique, sevrage, ou lorsque l'arrêt d'une clonidine a contribué à l'hypertension
Administration Voie intraveineuse, intramusculaire, orale ou transdermique selon la forme galénique
Dose intraveineuse 150 microgrammes dilués selon l'information produit et administrés lentement en 5 à 10 minutes
Posologie orale Individuelle. La clonidine orale ne doit pas être utilisée comme traitement rapide et répété destiné à normaliser une pression artérielle élevée asymptomatique
Effets indésirables Sédation, sécheresse buccale, confusion, hallucinations, hypotension, bradycardie, bloc auriculoventriculaire et constipation
Contre-indications Bradycardie sévère et trouble de conduction significatif
Interactions L'alcool et les autres sédatifs majorent la dépression du système nerveux central. Les antidépresseurs tricycliques peuvent réduire l'effet antihypertenseur
Arrêt Un arrêt brutal peut provoquer une hypertension de rebond. Diminuer progressivement dès que la situation clinique le permet

La clonidine peut être inadaptée en cas de suspicion d'accident vasculaire cérébral, d'encéphalopathie ou de toute autre situation où l'évaluation répétée de la vigilance est essentielle. En cas d'insuffisance rénale, l'élimination peut être prolongée : la posologie doit donc être individualisée, même si aucune réduction standardisée simple n'est toujours indiquée.

Donneurs de monoxyde d'azote

Trinitrine

La trinitrine est convertie en monoxyde d'azote et augmente le GMP cyclique dans le muscle lisse vasculaire. À faible dose, elle produit surtout une veinodilatation et une baisse de la précharge. À dose plus élevée, elle entraîne aussi une dilatation artériolaire et une baisse de la postcharge. Elle est particulièrement utile dans l'œdème pulmonaire hypertensif et le syndrome coronarien aigu [19].

Caractéristique Trinitrine
Nom commercial Glytrin®, Nitrolingual®, Suscard® et plusieurs formes intraveineuses
Indications de premier choix Œdème aigu du poumon, syndrome coronarien aigu avec hypertension et ischémie myocardique périopératoire
Délai d'action par voie intraveineuse Environ 1 à 3 minutes
Durée d'effet après l'arrêt Environ 5 à 10 minutes
Dose initiale en perfusion 5 à 10 microgrammes/minute
Titration Augmenter de 5 à 20 microgrammes/minute toutes les 3 à 5 minutes selon la pression artérielle, les symptômes et les effets indésirables
Intervalle posologique usuel 10 à 200 microgrammes/minute
Traitement à forte dose Dans l'œdème aigu du poumon hypertensif, certains protocoles utilisent 200 à 400 microgrammes/minute ou des bolus intraveineux répétés. Cela exige un personnel expérimenté, une surveillance continue et un protocole local
Effets indésirables Céphalées, bouffées vasomotrices, hypotension, tachycardie réflexe, nausées et, rarement, méthémoglobinémie
Tolérance Peut se développer en cas d'exposition continue ou régulière
Contre-indications Prise concomitante d'un inhibiteur de la phosphodiestérase de type 5, hypotension marquée, infarctus du ventricule droit précharge-dépendant et cardiomyopathie hypertrophique obstructive
Neurologie À éviter en usage systématique en cas d'hypertension intracrânienne ou d'encéphalopathie hypertensive

Une prise de sildénafil ou de vardénafil dans les 24 heures et de tadalafil dans les 48 heures constitue habituellement une contre-indication, mais le délai doit être apprécié selon le produit, la dose, la fonction rénale et le protocole local.

Le spray ou le comprimé sublingual peut servir de relais temporaire en cas de douleur thoracique ischémique ou d'œdème pulmonaire hypertensif si la voie intraveineuse n'est pas encore prête. Une dose de 0,4 mg n'est en revanche pas équivalente sur le plan pharmacocinétique à une quantité déterminée de trinitrine intraveineuse. L'absorption, la biodisponibilité et l'effet clinique varient, et la conversion autrefois proposée en dix minutes de perfusion chez un sujet de 75 kg ne doit donc pas servir de base posologique.

Les dérivés nitrés à forte dose dans l'œdème aigu du poumon hypertensif peuvent réduire le recours à l'intubation, mais les données reposent essentiellement sur des études de petite taille et hétérogènes. La trinitrine doit être associée à un support ventilatoire adapté, souvent une pression positive continue ou une ventilation à deux niveaux de pression [19,20].

Nitroprussiate de sodium

Le nitroprussiate de sodium libère du monoxyde d'azote et dilate à la fois les artérioles et les veines. Il abaisse très rapidement la précharge et la postcharge. Puissant et facile à titrer, il présente cependant un profil de toxicité nettement plus problématique que celui de la nicardipine et de la clévidipine [21].

Caractéristique Nitroprussiate de sodium
Nom commercial Nipride®, Nitropress®
Utilisation possible Syndrome aortique aigu après bêtabloquage, insuffisance cardiaque aiguë sévère et autres urgences hypertensives réfractaires en l'absence d'alternative plus adaptée
Délai d'action Quelques secondes à 1 minute
Durée d'effet après l'arrêt Environ 1 à 10 minutes
Dose initiale 0,3 à 0,5 microgramme/kg/minute
Titration Augmenter par petits paliers selon la pression artérielle mesurée en continu
Intervalle posologique usuel 0,5 à 3 microgrammes/kg/minute
Dose maximale 10 microgrammes/kg/minute, pendant 10 minutes au maximum
Administration Perfusion continue à l'abri de la lumière, selon l'information produit
Effets indésirables Hypotension marquée, nausées, agitation, sueurs, tachycardie et acidose métabolique
Perfusion d'organe Peut augmenter la pression intracrânienne, altérer le rapport ventilation-perfusion et retentir défavorablement sur la perfusion coronaire
Toxicité Le cyanure et le thiocyanate peuvent s'accumuler. Le risque croît avec la dose et la durée du traitement

Le cyanure est libéré lors du métabolisme et inhibe la phosphorylation oxydative mitochondriale. Évoquez une toxicité devant une acidose lactique inexpliquée, une altération de la vigilance, une tachycardie, une élévation de la saturation veineuse en oxygène ou une perte d'efficacité tensionnelle malgré l'augmentation des doses. Des débits supérieurs à 2 microgrammes/kg/minute peuvent dépasser la capacité de détoxification du cyanure, en particulier en cas de traitement prolongé ou d'insuffisance hépatique [21].

Le thiocyanate se forme lors de la conversion du cyanure et est éliminé par le rein. L'insuffisance rénale majore donc surtout le risque d'accumulation de thiocyanate en cas de traitement prolongé. Des symptômes neurologiques, des acouphènes, une confusion et des convulsions peuvent survenir. Le nitroprussiate doit être utilisé à la dose minimale efficace et pendant la durée la plus brève possible.

En cas de suspicion de toxicité cyanhydrique, la perfusion doit être arrêtée immédiatement et un toxicologue contacté. Le thiosulfate de sodium et l'hydroxocobalamine sont des antidotes possibles. Le choix et la posologie doivent suivre le protocole local de prise en charge des intoxications. Une administration prophylactique concomitante de thiosulfate est pratiquée dans certains services, mais elle ne dispense pas de la surveillance.

Évitez si possible le nitroprussiate en cas d'hypertension intracrânienne, de syndrome coronarien aigu, d'insuffisance rénale ou hépatique sévère et de grossesse. La neuropathie optique héréditaire de Leber confère une sensibilité particulière au cyanure et constitue une contre-indication.

Autres médicaments

Phentolamine

La phentolamine est un antagoniste alpha-adrénergique non sélectif d'action brève. Elle est avant tout destinée aux situations dominées par les catécholamines, et non au traitement courant de l'hypertension essentielle.

Caractéristique Phentolamine
Nom commercial Regitin®, Rogitine®
Indication de premier choix Crise de phéochromocytome ou de paragangliome
Autres utilisations Hypertension sympathomimétique sévère et extravasation de vasopresseurs alpha-adrénergiques
Délai d'action Environ 1 à 2 minutes
Durée d'effet Environ 10 à 30 minutes
Dose en bolus 5 mg par voie intraveineuse. Répétable toutes les 10 minutes environ selon l'effet
Perfusion 0,5 à 1 mg/minute a été utilisé dans des protocoles spécialisés. Suivre le protocole local
Effets indésirables Hypotension, tachycardie réflexe, arythmie, céphalées, bouffées vasomotrices, nausées et angor
Précautions Coronaropathie, hypovolémie et insuffisance cardiaque aiguë

Dans le phéochromocytome et le paragangliome, un bêtabloquage, s'il est nécessaire du fait d'une tachycardie ou d'une arythmie, ne doit être introduit qu'après un alphabloquage suffisant. Un bêtabloquage avant l'alphabloquage peut laisser une stimulation alpha non contrebalancée, avec aggravation de la vasoconstriction et de l'hypertension [16,22].

Hydralazine

L'hydralazine produit une dilatation artériolaire directe mais n'a pas d'effet sur les vaisseaux de capacitance veineuse. L'effet d'un bolus peut être difficile à prévoir et relativement durable. La tachycardie réflexe et l'augmentation de la consommation myocardique en oxygène en limitent l'usage en dehors de l'obstétrique.

Caractéristique Hydralazine
Nom commercial Apresolin®
Principale indication en urgence Hypertension sévère de la prééclampsie ou de l'éclampsie, selon le protocole obstétrical
Délai d'action par voie intraveineuse Environ 10 à 20 minutes
Durée d'effet Environ 2 à 6 heures
Dose obstétricale 5 à 10 mg par voie intraveineuse en 2 minutes environ. Répétable par 5 à 10 mg après environ 20 minutes
Dose intraveineuse cumulée maximale usuelle en protocole obstétrical d'urgence 20 mg
Alternative intramusculaire 10 mg, répétable selon le protocole obstétrical
Effets indésirables Tachycardie réflexe, céphalées, bouffées vasomotrices, nausées, hypotension et angor
À éviter ou à utiliser avec grande prudence Syndrome coronarien aigu, dissection aortique, tachycardie, œdème aigu du poumon et affection intracrânienne exigeant une titration précise

Les posologies autrefois indiquées de 10 à 40 mg par voie intraveineuse toutes les quatre à six heures et une perfusion allant jusqu'à 25 mg/heure ne conviennent pas comme traitement général de l'urgence hypertensive. Elles exposent à une accumulation et à une hypotension difficile à contrôler. En dehors de l'obstétrique, il existe le plus souvent des alternatives plus prévisibles.

Grossesse et éclampsie

L'hypertension sévère aiguë de la grossesse se définit habituellement par une pression systolique persistante d'au moins 160 mmHg ou une pression diastolique d'au moins 110 mmHg. Le traitement doit être débuté sans délai, en règle dans l'heure, afin de réduire le risque d'hémorragie intracérébrale et d'autres complications maternelles [23,24].

Le labétalol intraveineux, l'hydralazine intraveineuse et la nifédipine orale sont des options de première intention établies. Les comparaisons systématiques ne montrent pas de supériorité générale certaine d'un produit, même si la nifédipine orale a permis, dans plusieurs analyses, un contrôle tensionnel rapide et fiable [23,25].

Médicament Exemple de schéma d'urgence
Labétalol 20 mg par voie intraveineuse, puis 40 mg après 10 minutes et 80 mg après 10 minutes supplémentaires si la pression artérielle persiste, au maximum 220 à 300 mg selon le protocole local
Hydralazine 5 à 10 mg par voie intraveineuse, puis 5 à 10 mg après environ 20 minutes, habituellement 20 mg au maximum
Nifédipine 10 mg par voie orale à libération immédiate, répétable après 20 minutes selon le protocole obstétrical. À avaler, et non à administrer par voie sublinguale

Dans l'éclampsie, le sulfate de magnésium est le traitement de première intention pour interrompre et prévenir les crises convulsives. L'abaissement tensionnel ne remplace pas le sulfate de magnésium, et le sulfate de magnésium ne remplace pas le traitement antihypertenseur. Le traitement définitif est l'accouchement après stabilisation maternelle [26].

Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion et les antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II sont contre-indiqués pendant la grossesse. Le nitroprussiate doit être évité s'il existe une alternative plus sûre, en raison du risque d'exposition fœtale au cyanure et au thiocyanate. Le labétalol doit être utilisé avec prudence en cas d'asthme, de bradycardie et d'insuffisance cardiaque. L'hydralazine est inadaptée en cas de tachycardie marquée.

Les schémas posologiques et les choix thérapeutiques obstétricaux suédois peuvent différer légèrement des recommandations internationales. Suivez toujours le protocole obstétrical local et associez précocement l'obstétricien, l'anesthésiste-réanimateur et le néonatologiste.

Surveillance en pratique

Les éléments suivants doivent être consignés avant et pendant le traitement :

  1. Mesure tensionnelle correcte avec un brassard adapté, si possible aux deux bras initialement.
  2. État neurologique, niveau de vigilance et éventuels signes de localisation.
  3. Fréquence cardiaque, rythme, saturation en oxygène et ECG continu.
  4. Diurèse, créatinine, ionogramme et équilibre acido-basique.
  5. Douleur thoracique, modifications ECG et troponine en cas de suspicion d'ischémie myocardique.
  6. Signes d'œdème pulmonaire et besoin d'un support ventilatoire non invasif ou invasif.
  7. Fond d'œil en cas de suspicion d'hypertension maligne.
  8. Traitements, observance, arrêt récent, produits en vente libre et stimulants.
  9. Test de grossesse chez les personnes susceptibles d'être enceintes.
  10. Signes cliniques d'hypoperfusion après chaque modification importante de dose.

Une fois l'objectif aigu atteint, un traitement oral de longue durée doit être planifié. Le moment de son introduction dépend de l'atteinte d'organe et de la durée d'effet du produit intraveineux. Un chevauchement est souvent nécessaire avant l'arrêt de la perfusion, en particulier après la clévidipine ou le nitroprussiate. Recherchez et traitez simultanément les facteurs déclenchants : défaut d'observance, arrêt d'une clonidine ou d'un bêtabloquant, néphropathie, hyperaldostéronisme primaire, maladie rénovasculaire, phéochromocytome, interactions médicamenteuses et sympathomimétiques [4,27].

Sources

  1. Bress AP et al. The Management of Elevated Blood Pressure in the Acute Care Setting: A Scientific Statement From the American Heart Association. Hypertension 2024. PMID: 38804130
  2. Wilson LM et al. Management of Inpatient Elevated Blood Pressures: A Systematic Review of Clinical Practice Guidelines. Ann Intern Med 2024. PMID: 38560900
  3. van den Born BH et al. ESC Council on hypertension position document on the management of hypertensive emergencies. Eur Heart J Cardiovasc Pharmacother 2019. PMID: 30165588
  4. Kulkarni S et al. Management of hypertensive crisis: British and Irish Hypertension Society Position document. J Hum Hypertens 2023. PMID: 36418425
  5. Perez MI, Musini VM. Pharmacological interventions for hypertensive emergencies. Cochrane Database Syst Rev 2008. PMID: 18254026
  6. Balahura AM et al. The Management of Hypertensive Emergencies, Is There a Magical Prescription for All? J Clin Med 2022. PMID: 35683521
  7. Jeong HS et al. Update of the Korean Clinical Practice Guidelines for Stroke: Blood Pressure Management. J Clin Neurol 2025. PMID: 40878301
  8. Bath PM, Krishnan K. Interventions for deliberately altering blood pressure in acute stroke. Cochrane Database Syst Rev 2014. PMID: 25353321
  9. Maagaard M et al. Interventions for altering blood pressure in people with acute subarachnoid haemorrhage. Cochrane Database Syst Rev 2021. PMID: 34787310
  10. Awad AS, Goldberg ME. Role of clevidipine butyrate in the treatment of acute hypertension in the critical care setting: a review. Vasc Health Risk Manag 2010. PMID: 20730061
  11. Peacock WF et al. Clevidipine for severe hypertension in patients with renal dysfunction: a VELOCITY trial analysis. Blood Press Suppl 2011. PMID: 21091269
  12. Aronson S et al. The ECLIPSE trials: comparative studies of clevidipine to nitroglycerin, sodium nitroprusside, and nicardipine for acute hypertension treatment in cardiac surgery patients. Anesth Analg 2008. PMID: 18806012
  13. Cannon CM et al. Intravenous nicardipine and labetalol use in hypertensive patients with signs or symptoms suggestive of end organ damage in the emergency department: a subgroup analysis of the CLUE trial. BMJ Open 2013. PMID: 23535700
  14. Rhoney D, Peacock WF. Intravenous therapy for hypertensive emergencies, part 2. Am J Health Syst Pharm 2009. PMID: 19667001
  15. Wiest D. Esmolol. A review of its therapeutic efficacy and pharmacokinetic characteristics. Clin Pharmacokinet 1995. PMID: 7758250
  16. Calissendorff J et al. Pheochromocytomas and Abdominal Paragangliomas: A Practical Guidance. Cancers 2022. PMID: 35205664
  17. Mladěnka P et al. Comprehensive review of cardiovascular toxicity of drugs and related agents. Med Res Rev 2018. PMID: 29315692
  18. Brogden RN, Markham A. Fenoldopam: a review of its pharmacodynamic and pharmacokinetic properties and intravenous clinical potential in the management of hypertensive urgencies and emergencies. Drugs 1997. PMID: 9339965
  19. Twiner MJ et al. Nitroglycerin Use in the Emergency Department: Current Perspectives. Open Access Emerg Med 2022. PMID: 35847764
  20. Hodroge SS et al. Adult Patients with Respiratory Distress: Current Evidence based Recommendations for Prehospital Care. West J Emerg Med 2020. PMID: 32726255
  21. Hottinger DG et al. Sodium nitroprusside in 2014: A clinical concepts review. J Anaesthesiol Clin Pharmacol 2014. PMID: 25425768
  22. Khan NN et al. Management Strategies for Hypertensive Crisis: A Systematic Review. Cureus 2024. PMID: 39262522
  23. Scott G et al. Guidelines, similarities and dissimilarities: a systematic review of international clinical practice guidelines for pregnancy hypertension. Am J Obstet Gynecol 2022. PMID: 32828743
  24. Cífková R et al. Peripartum management of hypertension: a position paper of the ESC Council on Hypertension and the European Society of Hypertension. Eur Heart J Cardiovasc Pharmacother 2020. PMID: 31841131
  25. Conti Ramsden F et al. Pharmacotherapeutic options for the treatment of hypertension in pregnancy. Expert Opin Pharmacother 2024. PMID: 39225514
  26. Katsi V et al. Diagnosis and Treatment of Eclampsia. J Cardiovasc Dev Dis 2024. PMID: 39330315
  27. Tsige AW, Ayele SG. Malignant hypertension: current challenges, prevention strategies, and future perspectives. Front Cardiovasc Med 2024. PMID: 39776865

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 22 août 2026