Warfarine, AOD et héparine dans le temps — instauration, arrêt et réversion.
Quatre couches, Euler explicite pur avec dt = 0,05 h sur une fenêtre d'au moins quatorze jours. La première couche est l'exposition au médicament : un compartiment avec absorption du premier ordre pour tout ce qui est administré par voie orale ou sous-cutanée, où la fonction rénale fait varier la clairance linéairement selon la fraction éliminée par le rein — zéro pour la warfarine, 0,27 pour l'apixaban, 0,33 pour le rivaroxaban, 0,50 pour l'édoxaban, 0,80 pour le dabigatran et 0,56 pour l'énoxaparine. La constante d'absorption est résolue à partir du Tmax publié au lieu d'être fixée librement, car le Tmax découle de l'absorption et de l'élimination prises ensemble.
L'héparine non fractionnée reçoit en revanche une élimination saturable de type Michaelis–Menten, parce que la demi-vie dose-dépendante est tout l'enjeu de l'HNF. Le modèle donne des demi-vies effectives de 65, 81 et 162 minutes à 0,2, 0,5 et 2,0 UI/mL, à l'intérieur des 30–150 minutes que rapporte Hirsh pour 25–400 UI/kg, et la perfusion de 18 UI/kg/h aboutit à 0,50 UI/mL — au milieu de la zone thérapeutique 0,3–0,7.
L'échelle des concentrations est étalonnée, non dérivée. Les V/F et CL/F publiés proviennent d'ajustements à deux compartiments et ne peuvent pas reproduire en même temps le pic, le résiduel et la demi-vie terminale dans un modèle à un compartiment. Une simulation de référence est donc menée pour chaque médicament à la dose standard et à une ClCr de 100, et tout le tracé est mis à l'échelle pour que son pic à l'état d'équilibre devienne la Cmax,ss publiée. Ce qui figure sur un résultat de laboratoire, ce sont des ng/mL — l'axe de la figure doit alors être ces mêmes ng/mL. Le taux résiduel, lui, découle du modèle et est rapporté face au taux publié à titre d'autocontrôle : apixaban 103 contre 103, dabigatran 103 contre 91, rivaroxaban 53 contre 44, édoxaban 42 contre 36 ng/mL.
La deuxième couche ne concerne que la warfarine : c'est une courbe d'Emax avec un exposant de Hill de 1,15 sur la concentration de S-warfarine. La CI50 est fixée à 0,10 mg/L, ce qui donne un INR d'environ 2,5 à 5 mg par jour. Le curseur de sensibilité à la warfarine fait varier la CI50 en sens inverse et représente le génotype VKORC1, le génotype CYP2C9 et les médicaments interagissants en un seul nombre.
La troisième couche est la simulation proprement dite : un modèle de réponse indirecte à production inhibée, une équation par protéine vitamine K-dépendante, où un même blocage de la synthèse rencontre cinq horloges différentes. Le FVII a une demi-vie de 5 heures, la protéine C de 8, le FIX de 24, le FX de 40 et le FII de 67 — ce dernier n'étant pas un chiffre de manuel mais la mesure de Shapiro et Martinez avec de la prothrombine marquée à l'iode. Que le FVII soit à 25 pour cent alors que le FII est encore à 80 n'est pas un détail, c'est toute la leçon.
La quatrième couche, ce sont les lectures. L'INR est calculé à partir des taux de facteurs comme une activité géométrique pondérée du complexe prothrombinique, avec des poids de 0,45 pour le FVII, 0,35 pour le FX et 0,20 pour le FII : le FII est donc le moins déterminant des trois pour l'INR, alors qu'il est le plus important pour l'effet antithrombotique. L'INR sous AOD est modélisé pour ce qu'il est, un artefact, linéaire en fonction de la concentration, avec des pentes telles que le rivaroxaban atteint un INR de 2,1 à un pic parfaitement normal tandis que l'apixaban s'arrête à 1,09. Le rapport TCA est linéaire pour l'HNF et curviligne pour le dabigatran, où il s'aplatit et devient insensible au taux résiduel.
Les réversions sont des mécanismes, non des cas particuliers. La vitamine K lève le blocage au lieu d'apporter des facteurs. Le CCP à 4 facteurs est un saut des taux de facteurs, après quoi l'activité apportée décroît avec la demi-vie propre à chaque facteur — et c'est pourquoi l'INR remonte en une demi-journée sans une seule ligne de code supplémentaire. Les antidotes spécifiques neutralisent une fraction de la concentration circulante. Une association qui ne peut pas agir n'est pas calculée mais refusée : la protamine sur l'apixaban ne fait rien, et le modèle dit pourquoi.
dAg/dt = −ka·Ag + Dose·δ(t − t_n) dAc/dt = ka·Ag − (CL/V)·Ac C = Ac/VCL(ClCr) = CL_ref · [ (1 − f_rénal) + f_rénal · ClCr/100 ]HNF : dC/dt = R(t)/V − Vmax·C/(Km + C) V 0,07 L/kg · Vmax 0,77 UI/mL/h · Km 1,0 UI/mLE(t) = C^1,15 / (CI50^1,15 + C^1,15) CI50 = 0,10 mg/L de S-warfarine / (sensibilité/100)dF_i/dt = k_i · [ 100·(1 − E_eff(t)) − F_i ] k_i = ln2 / t½_it½ : FVII 5 h · protéine C 8 h · FIX 24 h · FX 40 h · FII 67 hPCA = (FVII/100)^0,45 · (FX/100)^0,35 · (FII/100)^0,20 INR = PCA^(−0,66)AOD : INR = 1 + s·C/100 s : rivaroxaban 0,45 · édoxaban 0,30 · dabigatran 0,20 · apixaban 0,05Rapport TCA : HNF 1 + 2,1·C dabigatran 1 + 0,75·√(C/100)Vitamine K : E_eff(t) = E(t)·(1 − K(t)) K(t) = K_max·(1 − e^(−(t−t_rev)/τ_on))·e^(−(t−t_rev)/τ_off)CCP à 4 facteurs : F_i ← min(100, F_i + a_i·dose) a : FII 1,6 · FVII 1,2 · FIX 1,0 · FX 1,8 · protéine C 1,2 points de pourcentage par UI/kgAntidote : C_libre(t) = C_tot(t)·(1 − R(t)) R = R_max pendant la perfusion, puis R_max·e^(−ln2·(t−t_fin)/t½)
Simplifications. Le modèle calcule des concentrations de médicament et des taux de facteurs au cours du temps. Il ne calcule ni risque hémorragique, ni risque thrombotique, ni devenir, et il ne peut pas dire qu'un patient va saigner ou thromboser. Aucune génération de thrombine n'est calculée : il n'y a pas d'ETP, pas de modèle cellulaire de la coagulation, pas de plaquettes, pas de fibrinogène, pas de facteur von Willebrand et pas de fibrinolyse. Les taux de facteurs sont un substitut de la capacité hémostatique, et la relation entre les deux n'est pas linéaire. L'antithrombine est entièrement absente, ce qui veut dire qu'une résistance à l'héparine est impossible dans le modèle — un patient déficitaire en antithrombine répond ici aussi bien que n'importe qui d'autre, ce qu'il ne fait pas dans la réalité. L'INR est une fonction empirique étalonnée de trois taux de facteurs, et non un test de coagulation simulé : l'ISI, le réactif et l'automate ne sont pas modélisés, un même plasma donne en réalité des INR qui diffèrent de 0,3–0,5 d'un laboratoire à l'autre, et l'artefact du TP sous AOD dépend fortement du réactif. Toutes les protéines vitamine K-dépendantes sont supposées inhibées dans la même proportion de leur synthèse, ce que les taux mesurés ne montrent pas : comparé à Harrison 1997, le modèle donne un FVII trop BAS d'environ vingt points de pourcentage à 36 heures (32 contre 54 pour cent sous 5 mg), tandis que le FII tombe à deux points près. La récupération après l'arrêt est trop lente pour la même raison : le modèle a besoin de 145 heures pour un INR sous 1,2 là où White 1995 mesurait 96–115, car le FX et le FII portent 0,55 du poids de l'INR avec des demi-vies de 40 et 67 heures pendant que l'élimination propre de la S-warfarine maintient la synthèse bloquée une journée de plus. Après un CCP à 4 facteurs, le modèle aboutit à un INR d'environ 1,6 là où Sarode 2013 voyait 62 pour cent des patients atteindre 1,3 ou moins — et si l'on injecte dans la fonction INR les taux de facteurs mesurés par Sarode lui-même, elle donne 1,50 : l'écart tient donc à la fonction, non aux coefficients du CCP. La pharmacocinétique est une moyenne de population : le coefficient de variation des concentrations d'AOD entre patients est de 30–40 pour cent et le besoin en warfarine varie d'un facteur trente, si bien qu'une courbe est une médiane et non un patient. Le volume de distribution de l'énoxaparine est fixé à 5,24 L d'après TIMI 11A, ce qui rend le pic proportionnel au poids d'une manière qui exagère l'écart chez le sujet très corpulent. Les interactions ne sont modélisées que comme un curseur de sensibilité pour la warfarine ; les inhibiteurs de la P-gp et du CYP3A4 augmentent les concentrations d'AOD d'un facteur 1,5–2,5 et la rifampicine les divise par deux, et rien de tout cela n'existe médicament par médicament. Pas d'insuffisance hépatique, pas de malabsorption, pas de défaut d'observance, pas de dialyse — le dabigatran est dialysable, les autres ne le sont pas, et cette différence ne se voit pas ici. Pas de TIH, pas de syndrome des antiphospholipides, pas de valve mécanique, pas de grossesse et pas d'enfant. Les agents de réversion sont décrits comme une fraction neutralisée dont la durée décroît empiriquement, et non comme une cinétique de liaison : l'effet prothrombotique propre de l'andexanet n'est pas modélisé du tout, alors qu'ANNEXA-4 a rapporté un événement thromboembolique chez 10 pour cent des patients et un décès chez 14 pour cent à 30 jours, et le rebond du dabigatran après idarucizumab survient ici chez tous là où RE-VERSE AD l'a vu chez environ un cinquième. Les seuils de sécurité de 30 et 50 ng/mL sont des bornes de consensus, non validées sur des devenirs ; des hématomes périmédullaires sont survenus à des concentrations très basses, et le fait que la barre s'arrête signifie que la concentration a franchi un chiffre convenu, rien d'autre. Le modèle ne prend aucune décision. Il montre des concentrations au cours du temps.
L'instauration habituelle chez un patient en fibrillation atriale dont la fonction rénale est normale et qui ne prend aucun médicament interagissant. L'INR devient thérapeutique bien avant la prothrombine.