đŸš« Risque cardiovasculaire dans les maladies inflammatoires et auto-immunes

Sommaire (33)

DĂ©finition et champ d’application

Les maladies inflammatoires et auto-immunes sont des maladies inflammatoires Ă  mĂ©diation immunitaire (IMID) qui comprennent la polyarthrite rhumatoĂŻde (PR), le rhumatisme psoriasique, les spondyloarthropathies, le lupus Ă©rythĂ©mateux systĂ©mique (LES), la sclĂ©rodermie systĂ©mique, les vascularites, la connectivite mixte, les myosites, le syndrome de Sjögren, la goutte et le syndrome des antiphospholipides (SAPL). Collectivement, ces affections sont associĂ©es Ă  un excĂšs de maladies cardiovasculaires (MCV), bien que le phĂ©notype cardiovasculaire varie considĂ©rablement d’une maladie Ă  l’autre.

L’atteinte cardiovasculaire dĂ©passe la maladie coronarienne athĂ©rosclĂ©reuse conventionnelle. Elle peut comprendre :

  • AthĂ©rosclĂ©rose accĂ©lĂ©rĂ©e et infarctus du myocarde prĂ©maturĂ©

  • Dysfonction microvasculaire coronaire

  • Myocardite et pĂ©ricardite

  • ArtĂ©rite coronaire ou des gros vaisseaux

  • Vasculopathie artĂ©rielle pulmonaire et hypertension pulmonaire

  • Thrombose artĂ©rielle et veineuse

  • Valvulopathie

  • Troubles du rythme cardiaque

  • RigiditĂ© artĂ©rielle et dysfonction endothĂ©liale

L’augmentation de la charge cardiovasculaire est particuliĂšrement importante car elle peut survenir Ă  un Ăąge plus jeune, ne pas ĂȘtre pleinement prise en compte par les scores de risque conventionnels et constituer la premiĂšre manifestation cliniquement importante d’une maladie inflammatoire jusque-lĂ  mĂ©connue.

ÉpidĂ©miologie et profils propres aux diffĂ©rentes maladies

Les patients atteints de maladies rhumatismales inflammatoires prĂ©sentent un risque cardiovasculaire supĂ©rieur Ă  celui de la population gĂ©nĂ©rale. Cet excĂšs de risque a Ă©tĂ© documentĂ© dans un large Ă©ventail d’affections, notamment la goutte, les vascularites, la sclĂ©rodermie systĂ©mique, les myosites, la connectivite mixte, le syndrome de Sjögren, le LES et le SAPL. Certains groupes de patients prĂ©sentent une prĂ©valence deux Ă  trois fois plus Ă©levĂ©e de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse asymptomatique (ASCVD) que la population gĂ©nĂ©rale.

Les donnĂ©es en faveur d’une athĂ©rosclĂ©rose prĂ©maturĂ©e sont particuliĂšrement solides dans la PR et le LES. La spondylarthrite ankylosante, le rhumatisme psoriasique, les vascularites associĂ©es aux anticorps anticytoplasme des polynuclĂ©aires neutrophiles, l’artĂ©rite de Takayasu, l’artĂ©rite Ă  cellules gĂ©antes et le SAPL peuvent Ă©galement ĂȘtre associĂ©s Ă  une maladie athĂ©rosclĂ©reuse prĂ©maturĂ©e.

Dans une vaste base de donnĂ©es cliniques britannique, une maladie auto-immune Ă©tait associĂ©e Ă  23,3 Ă©vĂ©nements cardiovasculaires pour 1000 patients-annĂ©es, contre 15,0 pour 1000 patients-annĂ©es chez des tĂ©moins appariĂ©s sur l’ñge, sans maladie auto-immune. Les risques les plus Ă©levĂ©s Ă©taient rapportĂ©s en cas de sclĂ©rodermie systĂ©mique, de maladie d’Addison, de LES et de diabĂšte de type 1. Les facteurs traditionnels tels que le tabagisme, les antĂ©cĂ©dents familiaux de maladie coronarienne prĂ©maturĂ©e, l’hypertension et l’hypercholestĂ©rolĂ©mie n’expliquaient pas entiĂšrement l’excĂšs de risque coronaire.

Polyarthrite rhumatoĂŻde

La PR est associĂ©e Ă  une augmentation de l’épaisseur intima-mĂ©dia carotidienne, Ă  une formation prĂ©coce de plaques et Ă  une dysfonction microvasculaire coronaire. Il a Ă©tĂ© rapportĂ© que les femmes atteintes de PR prĂ©sentaient un risque d’infarctus du myocarde environ deux fois supĂ©rieur Ă  celui de tĂ©moins appariĂ©s sur l’ñge. Les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires surviennent plus prĂ©cocement et environ la moitiĂ© des dĂ©cĂšs prĂ©maturĂ©s dans la PR pourraient ĂȘtre directement imputables aux MCV. L’excĂšs de mortalitĂ© devient manifeste environ 7–10 ans aprĂšs le diagnostic et est associĂ© Ă  une activitĂ© persistante de la maladie, au facteur rhumatoĂŻde et aux anticorps anti-peptides citrullinĂ©s cycliques.

La PR s’accompagne Ă©galement d’une prĂ©valence plus Ă©levĂ©e des facteurs de risque cardiovasculaire conventionnels. Le tabagisme et l’insulinorĂ©sistance sont associĂ©s Ă  la fois Ă  la PR et au risque cardiovasculaire. La dyslipidĂ©mie peut ĂȘtre difficile Ă  interprĂ©ter en phase active de la maladie : les cytokines inflammatoires peuvent rĂ©duire les concentrations de LDL et de HDL tout en augmentant l’indice athĂ©rogĂšne, situation dĂ©crite sous le nom de « paradoxe lipidique ». Les glucocorticoĂŻdes Ă  forte dose peuvent aggraver la dyslipidĂ©mie.

Lupus érythémateux systémique et syndrome des antiphospholipides

Le LES peut atteindre le systÚme cardiovasculaire par plusieurs mécanismes, notamment :

  • ArtĂ©rite coronaire

  • AthĂ©rosclĂ©rose accĂ©lĂ©rĂ©e

  • Dysfonction microvasculaire coronaire

  • PĂ©ricardite

  • Myocardite

  • Valvulopathie

Le SAPL et la maladie de Behçet peuvent provoquer des thromboses artérielles et veineuses. Dans le LES, une atteinte des artÚres rénales peut contribuer à une hypertension difficile à contrÎler. Les conséquences cardiovasculaires de ces affections reflÚtent donc à la fois une lésion vasculaire inflammatoire et des mécanismes thrombotiques propres à la maladie.

Sclérodermie systémique

La sclĂ©rodermie systĂ©mique touche principalement la microvascularisation et peut entraĂźner une vasculopathie artĂ©rielle pulmonaire et une hypertension artĂ©rielle pulmonaire. Les recommandations citĂ©es dans le document source prĂ©conisent d’éviter les bĂȘtabloquants dans la sclĂ©rodermie systĂ©mique.

Vascularites

La distribution vasculaire varie selon le type de vascularite :

  • Les vascularites associĂ©es aux ANCA touchent prĂ©fĂ©rentiellement les artĂ©rioles.

  • Les vascularites des gros vaisseaux atteignent l’aorte et ses principales branches.

  • L’artĂ©rite de Takayasu peut provoquer une stĂ©nose de l’artĂšre rĂ©nale, une hypertension sĂ©vĂšre et une maladie occlusive.

  • L’artĂ©rite de Takayasu et l’artĂ©rite Ă  cellules gĂ©antes peuvent entraĂźner une obstruction sous-claviĂšre, axillaire ou iliaque, avec claudication d’un membre.

Les spécialistes cardiovasculaires doivent rechercher une maladie inflammatoire sous-jacente chez les patients jeunes présentant un angor, un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral sans autre cause évidente.

Physiopathologie

Inflammation systémique et athérogenÚse

L’inflammation systĂ©mique persistante favorise l’athĂ©rogenĂšse prĂ©maturĂ©e par l’activation et la lĂ©sion endothĂ©liales. La maladie inflammatoire peut accĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement des plaques, amplifier les effets des facteurs de risque cardiovasculaire conventionnels et modifier la composition des plaques de maniĂšre Ă  augmenter leur probabilitĂ© de rupture.

Les patients atteints d’IMID prĂ©sentent plus frĂ©quemment une dysfonction endothĂ©liale et une rigiditĂ© aortique accrue que la population gĂ©nĂ©rale. Le traitement de la maladie inflammatoire sous-jacente ne permet pas invariablement de corriger ces anomalies. Le contexte inflammatoire peut produire des plaques Ă  haut risque sans nĂ©cessairement entraĂźner une augmentation proportionnelle de la charge athĂ©romateuse totale.

Ainsi, le risque cardiovasculaire peut résulter de deux processus complémentaires :

  • DĂ©veloppement plus rapide de l’athĂ©rosclĂ©rose

  • Formation de plaques davantage susceptibles de se dĂ©stabiliser et de se rompre

Dysfonction endothéliale

L’endothĂ©lium normal est quiescent, antithrombotique et antiadhĂ©sif, tout en rĂ©gulant la vasodilatation et la permĂ©abilitĂ© vasculaire. L’inflammation chronique, comme celle observĂ©e dans la PR et le LES, peut provoquer une lĂ©sion endothĂ©liale, augmenter l’apoptose endothĂ©liale et altĂ©rer la fonction vasodilatatrice.

Les médiateurs pro-inflammatoires impliqués dans la lésion vasculaire comprennent :

  • Facteur de nĂ©crose tumorale-α

  • Interleukine-1

  • InterfĂ©rons de type I, notamment l’interfĂ©ron-α

  • Interleukine-6

Ces mĂ©diateurs favorisent l’activation endothĂ©liale, l’adhĂ©sion des leucocytes, la permĂ©abilitĂ© endothĂ©liale et la lĂ©sion vasculaire. L’activation chronique des rĂ©cepteurs de type Toll, l’altĂ©ration de la rĂ©paration endothĂ©liale et l’augmentation de l’apoptose des cellules endothĂ©liales peuvent entretenir davantage la dysfonction vasculaire.

Mécanismes immunitaires et thrombo-inflammatoires

D’autres mĂ©canismes comprennent les effets des Ă©lĂ©ments suivants :

  • Anticorps antiphospholipides

  • Lymphocytes T cytotoxiques CD4+CD28−

  • DĂ©sĂ©quilibre entre les lymphocytes Th17 et les lymphocytes T rĂ©gulateurs

  • DĂ©ficit du complĂ©ment ou activation excessive du complĂ©ment

  • Polymorphismes gĂ©nĂ©tiques

  • Contribution potentielle de l’hĂ©matopoĂŻĂšse clonale

Les voies inflammatoires impliquĂ©es dans la PR se recoupent avec celles qui participent Ă  l’athĂ©rosclĂ©rose. L’interleukine-1, l’interleukine-6, le facteur de nĂ©crose tumorale et la signalisation en aval des Janus kinases–transducteurs du signal et activateurs de la transcription contribuent Ă  la fois Ă  l’inflammation articulaire et Ă  l’athĂ©rogenĂšse coronaire. Leurs effets en aval comprennent l’adhĂ©sion leucocytaire, la dysfonction endothĂ©liale, la production de facteur tissulaire, l’activitĂ© des mĂ©talloprotĂ©inases matricielles, la dĂ©stabilisation de la plaque et la formation de thrombus.

Interaction avec les facteurs de risque conventionnels

L’inflammation ne remplace pas les facteurs de risque conventionnels ; elle peut plutĂŽt en intensifier les effets vasculaires. Le tabagisme, l’hypertension, la dyslipidĂ©mie, l’insulinorĂ©sistance et les antĂ©cĂ©dents familiaux restent cliniquement pertinents, mais leur prĂ©sence ne suffit pas Ă  expliquer l’ensemble de la charge cardiovasculaire des maladies auto-immunes.

Les effets liés aux médicaments peuvent également contribuer au risque. Les glucocorticoïdes et la ciclosporine peuvent favoriser la dysfonction vasculaire, tandis que les glucocorticoïdes à forte dose peuvent aggraver la dyslipidémie.

Présentation clinique

Manifestations athéroscléreuses

La présentation cardiovasculaire peut comprendre :

  • Angor prĂ©maturĂ©

  • Infarctus du myocarde

  • Insuffisance cardiaque ischĂ©mique

  • Accident vasculaire cĂ©rĂ©bral ischĂ©mique

  • ArtĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs

  • Mort subite cardiaque

Les patients atteints d’IMID qui prĂ©sentent un infarctus du myocarde peuvent avoir une Ă©volution ultĂ©rieure de l’insuffisance cardiaque et de la mortalitĂ© plus dĂ©favorable que des personnes du mĂȘme Ăąge sans maladie inflammatoire.

Maladie cardiaque microvasculaire et inflammatoire

Les MCV peuvent également se manifester par :

  • Angor malgrĂ© une maladie obstructive Ă©picardique limitĂ©e, traduisant une dysfonction microvasculaire coronaire

  • Douleur thoracique pĂ©ricarditique

  • Myocardite ou cardiomyopathie inflammatoire

  • Troubles du rythme cardiaque

  • Valvulopathie

  • Hypertension pulmonaire liĂ©e Ă  la sclĂ©rodermie systĂ©mique ou Ă  une vasculopathie artĂ©rielle pulmonaire

Le LES se distingue par l’étendue de son phĂ©notype cardiaque, qui peut comprendre une artĂ©rite coronaire, une athĂ©rosclĂ©rose, une dysfonction microvasculaire, une pĂ©ricardite, une myocardite et une valvulopathie.

Manifestations thrombotiques et vasculaires

Le SAPL et la maladie de Behçet peuvent se manifester par une thrombose artĂ©rielle ou veineuse. Les vascularites des gros vaisseaux peuvent provoquer une claudication d’un membre, une hypertension rĂ©novasculaire ou d’autres manifestations d’obstruction de l’aorte et de ses branches.

Évaluation et examen clinique

Évaluation clinique

L’évaluation doit intĂ©grer l’histoire de la maladie inflammatoire Ă  l’évaluation conventionnelle du risque cardiovasculaire. Les Ă©lĂ©ments importants comprennent :

  • Type, durĂ©e et activitĂ© de la maladie

  • ActivitĂ© inflammatoire persistante

  • Statut du facteur rhumatoĂŻde et des anticorps anti-peptides citrullinĂ©s cycliques dans la PR

  • AntĂ©cĂ©dents d’évĂ©nements thrombotiques artĂ©riels ou veineux

  • Tabagisme et antĂ©cĂ©dents familiaux de maladie coronarienne prĂ©maturĂ©e

  • Hypertension, dyslipidĂ©mie et insulinorĂ©sistance

  • Exposition aux glucocorticoĂŻdes, Ă  la ciclosporine et Ă  d’autres traitements potentiellement dĂ©lĂ©tĂšres

  • SymptĂŽmes Ă©vocateurs d’un angor, d’une insuffisance cardiaque, d’un trouble du rythme, d’une pĂ©ricardite ou d’une obstruction vasculaire

Les patients jeunes prĂ©sentant un angor, un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral inexpliquĂ© doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©s Ă  la recherche d’une maladie inflammatoire sous-jacente.

Examen clinique

Le document source ne fournit pas de protocole dĂ©taillĂ© d’examen clinique propre Ă  chaque maladie. L’examen doit nĂ©anmoins ĂȘtre orientĂ© vers les manifestations cardiovasculaires dĂ©crites, notamment la recherche de signes :

  • D’hypertension

  • D’insuffisance cardiaque

  • D’atteinte pĂ©ricardique ou myocardique

  • De valvulopathie

  • De trouble du rythme

  • D’ischĂ©mie ou de claudication d’un membre

  • D’obstruction d’un gros vaisseau

  • D’hypertension pulmonaire

La mesure de la pression artĂ©rielle est particuliĂšrement importante dans le LES, l’artĂ©rite de Takayasu et chez les patients prĂ©sentant une possible atteinte des artĂšres rĂ©nales.

Examens cardiovasculaires

Évaluation du risque

Aucun score validĂ© de risque cardiovasculaire spĂ©cifique des IMID n’est disponible dans le document source. Il est donc recommandĂ© d’utiliser des scores de risque gĂ©nĂ©riques, notamment QRISK3 chez les patients atteints ni de PR ni de LES. Les scores de risque peuvent sous-estimer le risque car ils ne prennent pas pleinement en compte l’activitĂ© de la maladie inflammatoire, sa durĂ©e, le phĂ©notype vasculaire ou les facteurs liĂ©s au traitement.

Un dĂ©pistage et une surveillance rĂ©guliers des facteurs de risque cardiovasculaire modifiables sont recommandĂ©s dans l’ensemble du spectre des IMID.

DĂ©tection de l’athĂ©rosclĂ©rose infraclinique

La recherche d’une plaque carotidienne peut ĂȘtre envisagĂ©e lors de l’évaluation du risque cardiovasculaire. L’identification d’une plaque carotidienne peut aider Ă  dĂ©tecter une ASCVD asymptomatique chez les patients dont le risque pourrait autrement ĂȘtre sous-estimĂ©.

La tomodensitomĂ©trie coronaire peut contribuer Ă  l’évaluation du risque cardiovasculaire dans les IMID. De nouvelles mesures dĂ©rivĂ©es de la TDM, notamment l’indice d’attĂ©nuation de la graisse pĂ©rivasculaire et la densitĂ© du tissu adipeux pĂ©ricoronaire, peuvent fournir des informations sur l’inflammation vasculaire et sont considĂ©rĂ©es comme des approches prometteuses dans cette population.

Maladie microvasculaire coronaire

Une dysfonction microvasculaire coronaire a Ă©tĂ© rapportĂ©e dans la PR et revĂȘt une importance pronostique. Les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes angineux sans explication claire par une maladie coronaire Ă©picardique peuvent donc nĂ©cessiter une Ă©valuation Ă  la recherche d’une maladie microvasculaire, bien que le document source ne prĂ©cise aucun protocole diagnostique particulier.

ECG, échocardiographie et imagerie cardiaque par résonance magnétique

Le document fourni ne dĂ©crit pas de critĂšres ECG dĂ©taillĂ©s, de paramĂštres Ă©chocardiographiques ni de protocoles d’imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique pour l’évaluation du risque cardiovasculaire dans les IMID. Il identifie toutefois les troubles du rythme, la myocardite, la pĂ©ricardite, les valvulopathies, l’hypertension pulmonaire et la dysfonction ventriculaire comme des manifestations cardiovasculaires pertinentes nĂ©cessitant des explorations cardiaques appropriĂ©es.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Le document source ne fournit pas de panel défini de biomarqueurs ni de seuils diagnostiques pour le risque cardiovasculaire dans les maladies inflammatoires et auto-immunes.

Les informations biologiques pertinentes associées à la maladie comprennent :

  • Le facteur rhumatoĂŻde et les anticorps anti-peptides citrullinĂ©s cycliques, associĂ©s Ă  un excĂšs de mortalitĂ© cardiovasculaire dans la PR

  • Les anticorps antiphospholipides, qui peuvent contribuer Ă  une maladie vasculaire thrombotique

  • Les voies des cytokines inflammatoires impliquant le facteur de nĂ©crose tumorale, l’interleukine-1, l’interleukine-6 et les interfĂ©rons de type I

  • Les anomalies lipidiques dans la PR active, caractĂ©risĂ©es par une diminution possible des LDL et des HDL malgrĂ© un indice athĂ©rogĂšne plus Ă©levĂ©

  • La dyslipidĂ©mie potentiellement aggravĂ©e par les glucocorticoĂŻdes Ă  forte dose

L’interprĂ©tation du bilan lipidique au cours d’une maladie inflammatoire active doit donc tenir compte de l’activitĂ© de la maladie et de l’exposition thĂ©rapeutique, plutĂŽt que d’ĂȘtre rĂ©alisĂ©e isolĂ©ment.

Traitement et prise en charge

Prise en charge multidisciplinaire

Une prise en charge optimale nĂ©cessite une collaboration entre cardiologues et rhumatologues. La reconnaissance prĂ©coce des atteintes cardiovasculaires Ă  mĂ©diation immunitaire, le contrĂŽle de l’inflammation et la prise en charge systĂ©matique des facteurs de risque cardiovasculaire constituent les Ă©lĂ©ments centraux du traitement.

ContrĂŽle de la maladie inflammatoire

Un contrĂŽle adĂ©quat de la maladie inflammatoire est recommandĂ© afin de rĂ©duire le risque cardiovasculaire. L’exposition aux glucocorticoĂŻdes doit ĂȘtre rĂ©duite au minimum lorsque cela est cliniquement possible, car ils peuvent aggraver la dyslipidĂ©mie et contribuer Ă  la dysfonction vasculaire.

Le document source indique que certains traitements antirhumatismaux réduisent les MCV chez les patients atteints de maladies rhumatismales et chez certains patients présentant une maladie coronaire athéroscléreuse sans affection rhumatologique. Il ne fournit pas de schémas thérapeutiques ni de doses suffisants concernant les différents agents antirhumatismaux.

Prise en charge lipidique

Un traitement hypolipĂ©miant doit ĂȘtre utilisĂ© selon les approches recommandĂ©es dans la population gĂ©nĂ©rale chez les patients atteints de maladie rhumatismale inflammatoire et de syndrome coronarien chronique. Les maladies inflammatoires chroniques sont considĂ©rĂ©es comme des facteurs aggravants du risque d’ASCVD et peuvent favoriser l’instauration d’un traitement par statine chez les personnes dont le risque d’ASCVD est limite.

L’évaluation lipidique doit tenir compte du paradoxe lipidique de la PR active, dans laquelle de faibles concentrations de LDL et de HDL peuvent coexister avec un risque athĂ©rogĂšne accru.

Prise en charge de la pression artérielle

Un traitement antihypertenseur doit ĂȘtre instaurĂ© selon les principes applicables Ă  la population gĂ©nĂ©rale chez les patients atteints de maladie rhumatismale inflammatoire et de syndrome coronarien chronique. La rĂ©duction de la pression artĂ©rielle est associĂ©e Ă  des rĂ©sultats cardiovasculaires favorables, qu’une maladie coronarienne soit prĂ©sente ou non.

Les considérations particuliÚres identifiées dans le document source comprennent :

  • Dans le LES, une cible tensionnelle supĂ©rieure Ă  130/80 mm Hg doit ĂȘtre atteinte.

  • Les diurĂ©tiques doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©s en cas de goutte.

  • Les bĂȘtabloquants doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©s dans la sclĂ©rodermie systĂ©mique.

  • Une stĂ©nose de l’artĂšre rĂ©nale doit ĂȘtre envisagĂ©e dans l’artĂ©rite de Takayasu lorsque l’hypertension est difficile Ă  contrĂŽler.

Le document source ne fournit pas les doses des différents antihypertenseurs.

Prise en charge antithrombotique

Le SAPL et la maladie de Behçet peuvent provoquer des thromboses artĂ©rielles et veineuses. Le document fourni Ă©tablit cette association thrombotique, mais ne prĂ©cise ni les schĂ©mas d’antiagrĂ©gation plaquettaire ou d’anticoagulation, ni les doses ou la durĂ©e du traitement.

Colchicine et traitement cardiovasculaire anti-inflammatoire

La colchicine a reçu une autorisation dans le traitement de l’athĂ©rosclĂ©rose coronaire et est identifiĂ©e comme un mĂ©dicament utilisĂ© en rhumatologie ayant des applications cardiovasculaires. Le document source ne fournit ni dose ni stratĂ©gie dĂ©taillĂ©e de prescription.

Les traitements anti-inflammatoires ciblant l’interleukine-1, l’interleukine-6 et d’autres voies inflammatoires sont prĂ©sentĂ©s comme pertinents sur le plan thĂ©rapeutique dans les maladies cardiovasculaires. Toutefois, aucune recommandation posologique gĂ©nĂ©rale concernant ces agents n’est fournie pour le risque cardiovasculaire associĂ© aux IMID.

Recommandations des sociétés savantes

Les recommandations résumées dans le document source soutiennent les principes suivants :

  • DĂ©pister rĂ©guliĂšrement le risque cardiovasculaire. Les facteurs de risque modifiables doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©s et pris en charge dans la goutte, les vascularites, la sclĂ©rodermie systĂ©mique, la connectivite mixte, les myosites, le syndrome de Sjögren, le LES et le SAPL.

  • Utiliser des outils gĂ©nĂ©riques d’évaluation du risque cardiovasculaire lorsque cela est nĂ©cessaire. Aucun score de risque spĂ©cifique des IMID n’est validĂ© ; QRISK3 est particuliĂšrement recommandĂ© chez les patients atteints ni de PR ni de LES.

  • ReconnaĂźtre que les scores conventionnels peuvent ĂȘtre incomplets. La maladie inflammatoire, son activitĂ© et ses complications vasculaires spĂ©cifiques peuvent ne pas ĂȘtre correctement reprĂ©sentĂ©es.

  • Traiter les lipides et la pression artĂ©rielle comme dans la population gĂ©nĂ©rale. Cela s’applique en particulier aux patients atteints de maladie rhumatismale inflammatoire et de syndrome coronarien chronique.

  • Obtenir un contrĂŽle adĂ©quat de l’inflammation. L’inflammation persistante contribue Ă  la dysfonction endothĂ©liale, Ă  la rigiditĂ© artĂ©rielle et Ă  l’instabilitĂ© des plaques.

  • RĂ©duire au minimum les glucocorticoĂŻdes. Leurs effets indĂ©sirables potentiels comprennent l’aggravation de la dyslipidĂ©mie et la dysfonction vasculaire.

  • Appliquer les prĂ©cautions propres Ă  chaque maladie. Les diurĂ©tiques doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©s en cas de goutte, les bĂȘtabloquants dans la sclĂ©rodermie systĂ©mique, et une pression artĂ©rielle supĂ©rieure Ă  130/80 mm Hg doit ĂȘtre atteinte dans le LES.

  • Envisager l’évaluation d’une ASCVD infraclinique. La dĂ©tection d’une plaque carotidienne et la TDM coronaire peuvent contribuer Ă  l’évaluation du risque cardiovasculaire.

  • Mettre en place une prise en charge cardiorhumatologique coordonnĂ©e. La collaboration entre les spĂ©cialitĂ©s est recommandĂ©e afin d’amĂ©liorer la reconnaissance, la prĂ©vention et la prise en charge au long cours.

Pronostic et suivi

Les maladies inflammatoires et auto-immunes sont associĂ©es Ă  une morbiditĂ© et Ă  une mortalitĂ© cardiovasculaires prĂ©maturĂ©es. Le pronostic peut ĂȘtre plus dĂ©favorable aprĂšs un infarctus du myocarde, avec des risques d’insuffisance cardiaque et de dĂ©cĂšs supĂ©rieurs Ă  ceux de personnes du mĂȘme Ăąge sans IMID. Dans la PR, l’excĂšs de mortalitĂ© cardiovasculaire peut devenir manifeste 7–10 ans aprĂšs le diagnostic, en particulier en prĂ©sence d’une activitĂ© persistante de la maladie et d’une sĂ©ropositivitĂ©.

Le suivi doit donc ĂȘtre longitudinal et comprendre :

  • Une Ă©valuation pĂ©riodique du risque cardiovasculaire

  • Une réévaluation du tabagisme, de la pression artĂ©rielle, du statut lipidique et de l’insulinorĂ©sistance

  • La surveillance de l’activitĂ© de la maladie inflammatoire

  • La réévaluation et la rĂ©duction au minimum de l’exposition aux glucocorticoĂŻdes

  • La recherche d’un angor, d’un infarctus du myocarde, d’un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral, d’une insuffisance cardiaque, d’un trouble du rythme ou d’une obstruction vasculaire nouvellement apparus

  • La possibilitĂ© d’une Ă©valuation de la plaque carotidienne ou d’une TDM coronaire lorsque l’estimation du risque est incertaine

  • Une communication continue entre les services de cardiologie et de rhumatologie

Le document source ne dĂ©finit pas d’intervalle universel de suivi ni de calendrier de surveillance propre Ă  chaque maladie. L’intensitĂ© du suivi doit tenir compte de la maladie inflammatoire, de son activitĂ©, des antĂ©cĂ©dents cardiovasculaires, des antĂ©cĂ©dents thrombotiques et des signes d’atteinte vasculaire infraclinique.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026