Un plâtre doit immobiliser la fracture, et rien d'autre. Les deux façons dont il nuit au patient sont d'être trop serré — l'œdème survient après le traumatisme, pas avant — et de comprimer une saillie osseuse par un bord ou un pli jusqu'à ce que la peau cède. Une lésion aiguë et récente s'immobilise donc dans une attelle ou un plâtre fendu, jamais dans un plâtre circulaire fermé, et le patient doit repartir en sachant clairement quels symptômes doivent le faire consulter immédiatement.
Indications
- Fracture non déplacée ou réduite relevant d'un traitement orthopédique.
- Immobilisation après réduction d'une luxation.
- Immobilisation d'une lésion ligamentaire ou tendineuse, ou après suture au-dessus d'une articulation.
- Antalgie et stabilisation pour le transport devant une fracture suspectée.
- Suspicion clinique de fracture du scaphoïde malgré des radiographies normales.
Contre-indications
- Fracture ouverte ou plaie nécessitant une inspection — utiliser une attelle fenêtrée ou une fixation externe.
- Syndrome des loges constitué ou menaçant.
- Fracture instable relevant d'une fixation chirurgicale.
- Plâtre circulaire devant une lésion récente, avant une intervention ou tant que l'œdème progresse.
- Prudence en cas de troubles de la sensibilité (neuropathie, lésion médullaire) — le patient ne perçoit pas l'escarre.
Préparation et matériel
| Matériel | Commentaire |
|---|---|
| Jersey tubulaire | Au contact de la peau, protège des bords du plâtre |
| Ouate de rembourrage | Le capitonnage qui protège la peau et les saillies osseuses |
| Bandes et attelles plâtrées (sulfate de calcium) | Modelable, peu coûteux, plus lourd, moins résistant, séchage plus long |
| Résine synthétique (fibre de verre) | Plus légère, plus solide, radiotransparente, meilleure tolérance à l'humidité, plus coûteuse et plus rigide à modeler |
| Bande élastique | Maintient l'attelle ; se pose sans traction |
| Eau tiède, gants en plastique, ciseaux à plâtre, scie à plâtre, protection de table | L'eau chaude accélère la prise et augmente le dégagement de chaleur — risque de brûlure |
Consignez l'état vasculo-nerveux distal avant la confection du plâtre : sensibilité, motricité, pouls et temps de recoloration capillaire. Examinez la peau et retirez bagues et bijoux en aval de la lésion avant l'installation de l'œdème.
Réalisation
- Placez l'articulation dans l'angle exigé par le traitement avant de poser le plâtre, et maintenez cette position jusqu'à la prise.
- Enfilez le jersey tubulaire de sorte qu'il dépasse de quelques centimètres des extrémités prévues du plâtre.
- Capitonnez régulièrement, sur 2 à 3 épaisseurs avec un chevauchement d'environ 50 %, et renforcez au niveau des saillies osseuses, des extrémités du plâtre et de l'endroit où viendra le bord de l'attelle. Un capitonnage irrégulier, plissé ou grumeleux est la cause la plus fréquente d'escarre.
- Trempez le plâtre dans l'eau tiède et essorez l'excédent sans tordre la bande.
- Posez l'attelle et modelez à pleine paume, jamais du bout des doigts — les empreintes digitales dans le plâtre deviennent des points d'appui sur la peau.
- Rabattez les extrémités du jersey sur le bord du plâtre et lissez les bords.
- Fixez par une bande élastique en spires régulières et sans traction.
- Vérifiez que l'attelle s'arrête là où elle doit : les articulations métacarpophalangiennes doivent pouvoir fléchir librement, le pouce doit rester libre s'il ne doit pas être immobilisé, et le coude doit pouvoir fléchir s'il doit rester libre.
- Réévaluez l'état vasculo-nerveux distal une fois le plâtre pris, et consignez-le.
- Placez le membre en position surélevée et informez le patient.

Attelle ou plâtre circulaire
- Attelle dorsale ou autre demi-attelle devant une lésion récente, un œdème aigu, après réduction et avant intervention. L'attelle autorise l'augmentation de volume.
- Le plâtre circulaire offre une meilleure stabilité, mais seulement une fois l'œdème résorbé, souvent après environ une semaine. Un plâtre circulaire posé en urgence doit être fendu sur toute son épaisseur, capitonnage et jersey compris, jusqu'à la peau — un plâtre fendu dans la seule couche plâtrée ne décomprime pas.
Attelles et plâtres usuels
| Lésion | Immobilisation | Commentaire |
|---|---|---|
| Fracture de l'extrémité distale du radius, phase aiguë | Attelle dorsale avant-bras–poignet | Plâtre circulaire après la phase œdémateuse |
| Suspicion de fracture du scaphoïde | Plâtre scaphoïde prenant la base du pouce | Réévaluation à 10–14 jours |
| Fracture ou luxation d'un doigt | Attelle digitale ou syndactylisation au doigt voisin | N'immobilisez pas un doigt plus longtemps que nécessaire, risque de raideur |
| Luxation du coude après réduction | Attelle dorsale bras–avant-bras, coude à 90 degrés | Durée brève, puis mobilisation précoce |
| Fracture de cheville, phase aiguë | Attelle jambière postérieure, cheville à 90 degrés | Botte plâtrée circulaire ultérieurement |
| Entorse de cheville sévère | Attelle ou orthèse | L'orthèse est le plus souvent préférable |
| Fracture de métatarsien | Botte plâtrée avec talon de marche ou semelle rigide | Appui selon l'avis du chirurgien orthopédiste |
| Rupture du tendon d'Achille | Botte plâtrée en équin ou orthèse à talonnettes | L'angle est modifié par paliers |
Les durées d'immobilisation et les consignes d'appui varient d'une région et d'un service à l'autre et dépendent du type de fracture — suivez le protocole local et la prescription du chirurgien orthopédiste, et non une règle générale.
Syndrome des loges
La complication redoutée. La pression dans une loge musculaire monte jusqu'à l'arrêt de la perfusion, et la nécrose musculaire est irréversible en quelques heures.
- Une douleur disproportionnée et croissante malgré une analgésie adaptée est le premier signe, et le plus important.
- Douleur à l'étirement passif des muscles de la loge.
- Loge musculaire tendue, dure et douloureuse.
- Paresthésies et engourdissement en aval.
- La persistance du pouls et un temps de recoloration normal n'excluent pas un syndrome des loges — l'abolition du pouls est un signe tardif et peu fiable.
Conduite à tenir en cas de suspicion : fendez immédiatement le plâtre sur toutes ses couches jusqu'à la peau et écartez-en les bords, placez le membre au niveau du cœur — pas plus haut, la surélévation abaissant la pression de perfusion, et appelez sans délai l'orthopédiste de garde. L'aponévrotomie est le traitement définitif.

Complications
- Syndrome des loges.
- Escarres en regard des saillies osseuses. Sièges habituels : talon, malléoles, tête de la fibula, olécrâne, articulations métacarpophalangiennes, styloïde radiale et base du pouce.
- Compression du nerf fibulaire commun à la tête de la fibula, responsable d'un pied tombant — vérifiez la dorsiflexion du pied à chaque botte plâtrée.
- Retentissement vasculaire avec cyanose, œdème et froideur en aval.
- Brûlure par eau trop chaude ou par un trop grand nombre de couches durcissant simultanément.
- Raideur articulaire et amyotrophie en cas d'immobilisation trop prolongée.
- Maladie thromboembolique veineuse lors de l'immobilisation d'un membre inférieur.
- Prurit, eczéma et macération sous le plâtre, souvent après exposition à l'humidité.
Suites et suivi
Le patient doit recevoir une information à la fois orale et écrite. Consulter immédiatement en cas de :
- Douleur croissante malgré la surélévation et les antalgiques.
- Engourdissement, fourmillements ou faiblesse en aval.
- Doigts ou orteils bleus, blancs, froids ou très œdématiés.
- Sensation que le plâtre est devenu trop serré, ou au contraire qu'il flotte.
- Tache d'écoulement, mauvaise odeur ou fièvre.
- Corps étranger tombé à l'intérieur du plâtre.
Autres conseils : surélévation les premiers jours, mobilisation régulière des doigts et des orteils, plâtre maintenu au sec, ne jamais introduire d'objet pour se gratter, ne jamais couper ni scier le plâtre soi-même.
Contrôle programmé selon le type de fracture — radiographies après environ une semaine pour les fractures à risque de déplacement, contrôle clinique et changement de plâtre une fois l'œdème résorbé, et réévaluation à 10–14 jours en cas de suspicion de fracture du scaphoïde.
Pièges fréquents
- Plâtre circulaire fermé devant une lésion récente.
- Plâtre fendu dans la seule couche plâtrée, alors que le capitonnage et le jersey continuent de faire le tour du membre.
- Capitonnage irrégulier, trop mince ou plissé.
- Modelage du bout des doigts, source de points d'appui.
- Attelle s'arrêtant trop distalement et bloquant les articulations métacarpophalangiennes — source de raideur.
- Absence d'état vasculo-nerveux distal consigné avant et après la confection du plâtre.
- Surélévation au-dessus du niveau du cœur en cas de suspicion de syndrome des loges, ce qui aggrave l'hypoperfusion.
- Patient renvoyé chez lui sans consignes d'alerte.