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Cours vidéo : Évaluation de l’intervalle QT (intervalle QTc)

L’évaluation rigoureuse de l’intervalle QT est une composante essentielle de l’analyse électrocardiographique, en particulier pour la stratification du risque rythmique. L’intervalle QT représente la systole électrique ventriculaire, englobant la dépolarisation (complexe QRS) et la repolarisation (segment ST et onde T). Une prolongation pathologique de cet intervalle favorise la survenue de post-dépolarisations précoces, pouvant déclencher des torsades de pointes et une fibrillation ventriculaire.

Méthodologie de mesure et correction de la fréquence

La durée de l’intervalle QT est inversement proportionnelle à la fréquence cardiaque. Pour permettre une comparaison standardisée, il est impératif de calculer l’intervalle QT corrigé (QTc). Plusieurs aspects techniques doivent être respectés pour garantir la fiabilité de la mesure :

  • Choix des dérivations : Il est recommandé de mesurer l’intervalle QT dans la dérivation où il apparaît le plus long (généralement DII, V5 ou V6).
  • Définition de la fin de l’onde T : La méthode de la tangente est préconisée lorsque la fin de l’onde T est indistincte. Il faut tracer une ligne tangente à la pente descendante la plus raide de l’onde T ; le point d’intersection avec la ligne isoélectrique marque la fin du QT.
  • Onde U : Les ondes U distinctes doivent être exclues de la mesure. Si l’onde U fusionne avec l’onde T, la mesure inclut souvent cette fusion, bien que cela puisse surestimer le risque.

Le calculateur ci-dessous permet d’obtenir rapidement le QTc selon plusieurs formules. Bien que la formule de Bazett soit la plus utilisée historiquement, elle tend à sur-corriger (QTc faussement long) en cas de tachycardie et sous-corriger en cas de bradycardie. La formule de Fridericia ou celle de Framingham sont souvent considérées comme plus robustes physiologiquement aux fréquences cardiaques extrêmes.

Calculateur de l’intervalle QT corrigé (QTc)

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Valeurs de référence et interprétation clinique

L’interprétation du QTc nécessite une approche nuancée tenant compte du sexe du patient, les femmes présentant physiologiquement un intervalle QT plus long.

Statut Hommes Femmes
Normal < 440 ms < 450 ms
Allongement limite 440 – 450 ms 450 – 470 ms
Allongement pathologique > 450 ms > 470 ms

Note importante : Un QTc supérieur à 500 ms est un marqueur de risque arythmique majeur, nécessitant une intervention immédiate pour identifier et corriger les facteurs favorisants.

Étiologies de l’allongement de l’intervalle QT

Face à un allongement confirmé, le diagnostic différentiel doit distinguer les causes acquises (les plus fréquentes) des causes congénitales :

  1. Causes médicamenteuses : Principale cause de QT long acquis. Implique de nombreux antiarythmiques (Classe Ia : quinidine, disopyramide ; Classe III : sotalol, amiodarone), mais aussi des psychotropes (halopéridol, chlorpromazine), des antidépresseurs (tricycliques, citalopram) et des antibiotiques (macrolides, fluoroquinolones).
  2. Troubles électrolytiques : L’hypokaliémie, l’hypomagnésémie et l’hypocalcémie sont des causes fréquentes et réversibles.
  3. Conditions cliniques : L’ischémie myocardique, l’insuffisance cardiaque, la bradycardie sévère, l’hypothermie et les lésions intracrâniennes (notamment l’hémorragie sous-arachnoïdienne avec l’aspect d’ondes T cérébrales).
  4. Syndrome du QT long congénital (SQTL) : Canalopathies génétiques (ex. LQT1, LQT2, LQT3) affectant les courants potassiques ou sodiques.

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